Le Maroc tire son épingle du jeu
Avec un score de 4,08, le Maroc a occupé la 75e place dans le classement établi par le Rapport sur la compétitivité mondiale 2010-2011. Comparativement aux pays maghrébins, le Royaume est suivi, selon cette publication du Forum économique mondial (FEM), par l'Algérie (86e rang avec un score de 3,96), la Libye (100e place et un score de 3,74) et la Mauritanie (135e rang avec un score de 3,14). Mais il est loin derrière la Tunisie, qui est classée 32e à l'échelle mondiale (4,65).
La Tunisie a occupé également, dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, une bonne place. Dans l'ordre, c'est le Qatar qui s'est adjugé la tête du podium (17e), devançant l'Arabie Saoudite (21e), les Emirats arabes unis (25e), le Koweït (35e) et le Bahreïn (37e). En Afrique subsaharienne, révèle le rapport, l'Afrique du Sud (54e) et l'île Maurice (55e) figurent, à l'instar de plusieurs pays de la région MENA, dans la première moitié du classement, suivies par la Namibie (74e), le Botswana (76e) et le Rwanda (80e), lequel est couvert pour la première fois.
Au niveau mondial, le plus marquant est la chute de la compétitivité des Etats-Unis. qui ont perdu deux places et reculé à la quatrième position, dépassés par la Suède (2e) et Singapour (3e), après avoir déjà cédé la première marche l'année dernière. Et pour cause, expliquent les rédacteurs du rapport, la situation budgétaire et le déficit, une érosion de la confiance dans les institutions publiques et privées, ainsi que les inquiétudes persistantes concernant l'état des marchés financiers.
La Suisse, par contre, conserve la première place dans le classement. Ce document, présenté en prélude à la Réunion annuelle du FEM des nouveaux champions 2010 qui se tiendra à Tianjindu (Chine), a confirmé le bon positionnement des pays nordiques, qui continuent d'être bien placés dans le classement : la Suède (2e), la Finlande (7ème) et le Danemark (9ème) font partie du Top Ten, alors que la Norvège est classée à la quatorzième place.
Le Royaume-Uni, après avoir chuté dans le tableau ces dernières années, gagne une place et prend la douzième position.
La République populaire de Chine (27e), qui «continue de mener le jeu parmi les grandes économies en développement», a renforcé sa position dans le top 30 en gagnant deux places cette année.
Cependant, le classement de trois autres grands pays n'a pas connu de changement, à savoir le Brésil (58e), l'Inde (51e) et la Russie (63e). Ce qui n'est pas le cas de plusieurs économies asiatiques, ayant brillé par leurs bons résultats. Il s'agit, outre Singapour, du Japon (6e) et de Hong Kong SAR (11e), tandis que la progression enregistrée par l'Indonésie (44e), le Vietnam (59e) et Sri Lanka (62e) est qualifié par le rapport de spectaculaire.
Du côté des pays d'Amérique latine, le Chili (30e) est le premier de la classe, suivi du Panama (53e), du Costa Rica (56e) et du Brésil, signale le Forum économique mondial.
Pour le fondateur et président du World Economic Forum, Klaus Schwab, «confrontés à la nécessité de gérer les défis économiques actuels, les décideurs politiques se doivent également de préparer leur pays à réaliser de belles performances à l'avenir alors que la conjoncture est caractérisée par un climat d'incertitude et un équilibre instable». Avant d'ajouter que «dans un environnement économique mondial empreint de difficultés, il est plus important que jamais de mettre en place les fondamentaux de la croissance et du développement économiques».
Méthodologie de classement
Le rapport sur la compétitivité mondiale se fonde sur le classement établi par l'indice de compétitivité mondiale (Global Competitiveness Index, GCI), développé par le professeur Sala-i-Martin pour le World Economic Forum (WEF) et introduit en 2004. Le GCI couvre 12 dimensions, à savoir les institutions, l'infrastructure, l'environnement macroéconomique, la santé et l'éducation de base, l'éducation supérieure et la formation, l'efficacité du marché des biens, l'efficacité du marché du travail, le développement du marché financier, le développement technologique, la taille du marché, la sophistication des activités commerciales et l'innovation. Cet indice est établi sur la base d'une combinaison de données statistiques et des résultats de sondages, notamment l'Enquête annuelle auprès des chefs d'entreprises, conduite par le WEF en collaboration avec son réseau d'instituts partenaires situés dans les pays étudiés. Cette année, plus de 13.500 chefs d'entreprises ont ainsi été sondés dans 139 pays, signale le rapport.
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