TitreLe retour de la lycéenne marocaine expulsée

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mounia Bensalah in Actualités on Mar 14, 2010
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En février, Najlae Lhimer, 19 ans, avait été reconduite vers le Maroc après avoir voulu porter plainte

contre son frère pour maltraitance. Elle était hier de retour en France.

Témoignage

« Je suis très heureuse de retrouver la France. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis contente. » Accueillie par des applaudissements et des cris de joie, Najlae Lhimer, 19 ans, arrive avec un grand sourire à l'aéroport d'Orly-Sud.

« Je ne m'attendais pas à autant de monde », lance-t-elle, radieuse, en découvrant la cinquantaine de personnes, camarades de classe et militants de Réseau éducation sans frontières, qui attendaient son arrivée.

« Ma vie recommence à zéro »

Le 20 février, cette jeune Marocaine sans papiers, installée en France depuis cinq ans et scolarisée au lycée Françoise-Dolto à Olivet (Loiret), s'était rendue, le visage tuméfié, à la gendarmerie pour déposer plainte pour maltraitance contre son frère.

Mais, sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français depuis le 24 novembre, Najlae avait été aussitôt placée en garde à vue et immédiatement expulsée vers le Maroc.

« De la position de victime, je me suis retrouvée dans celle de coupable. Sur le coup, je n'ai pas compris ce qui se passait. J'étais perdue. Je n'oublierai jamais cette triste journée », raconte celle qui avait quitté son pays d'origine pour éviter que ses parents la marient de force. « Le lendemain de mon arrivée à Casablanca, je suis passée devant un tribunal qui m'a aussitôt libérée. Ces trois semaines au Maroc ont été très dures. J'avais l'impression d'être une étrangère, explique-t-elle. C'est une famille d'accueil qui m'a hébergée à Rabat. Je n'ai pas vu mes parents : je n'ai plus de relations avec ma famille et je ne veux plus en avoir. »

Son salut tombe le 8 mars, journée mondiale des femmes. « Je dormais lorsqu'un journaliste m'a informée que Monsieur Sarkozy m'autorisait à retourner en France. Je ne m'attendais pas du tout à cela. J'avais l'impression d'être dans un rêve. »

« Retour à l'école lundi matin »

Deux jours plus tard, elle obtient son visa délivré par le consulat de France à Rabat. La fin d'un exil forcé pour Najlae. « Je vois la vie différemment et aujourd'hui elle recommence à zéro », confie-t-elle fatiguée mais soulagée.

À sa sortie d'avion, hier en fin de matinée, la jeune fille a retrouvé une partie de ses enseignants, ainsi que ses copains et copines de classe, qui l'ont aussitôt entourée et serrée dans leurs bras.

« Je vais retrouver l'école lundi matin. Je suis très heureuse de recommencer mes études, explique Najlae qui sera hébergée chez les parents de sa meilleure amie. Je veux avoir des diplômes. Pour moi, c'est la priorité aujourd'hui. »

 

Plus d'informations dans le journal Ouest-France

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