JE ME SOUVIENS….
Une petite voisine, aux grands yeux ouverts
Venait m’offrir ce qu’on lui avait offert,
Avec un sourire à demi couvert,
Qui embaumait le théà la menthe.
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Elle attendait dans mon regard,
Le contentement qui venait tard,
Sa petite main passait avec égards,
Sur ma tête à la chevelure errante.
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Douce caresse d’un cœur vierge,
Que j’habitais en flamme de cierge,
Eclairant son pays et ses berges,
Une âme enfant à l'aile volante.
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C’était mon horizon au ciel azur,
Où je l’amenais en aventure,
Sans paroles et sans murmures,
Nous humions notre envie revante.
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Deux tresses telles deux serpents en laisse,
Descendaient sur un buste où naissent,
Deux ébauches souhait de mes caresses,
Retenues par pudeur genante
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Elle venait au seuil de mes larmes ,
Epongeait la rosée du matin calme,
Que troublait la gifle du père alarme,
Pour une bêtise qui faisait ma honte.
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Elle était la chaleur d’une mère,
Dont la perte au gout amer,
Et la dureté du géniteur de fer,
Me nourrissaient de rage piquante.
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Ma gazelle était toute à moi,
Ma maison et mon toit,
Où je m’abritais des dures lois,
Qu’’imposait une marâtre criante.
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Au crépuscule de mes jours,
Je garde encore son amour,
Mais je ne sais dans quelle cour,
Elle guérit une âme larmoyante.
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Je me souviens …
De ces temps anciens,
Où le vinaigre et le vin
Coulaient de la vigne verdoyante.
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Je me souviens avec larmes soules
Pour ce cri d’un cœur maboul,
Devant qui reculaient en foule,
Les vagues d'une mer mouvante.
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Je me souviens avec pleurs,
Pour la maison restée sans lueurs,
Dont les murs sentent la froideur,
Et se demandent où est l'aimante.
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Je me souviens et je frémis,
Pour ces jours accroches aux nuits,
Qui ont perdu leur étui,
Et errent ombres fuyantes.
***
Mais un rayon de sagesse,
Me dit la vie guérit et blesse,
Apres la morsure la caresse,
J’ai écume l'eau de mes fontes.
Mebkhout Baghdâd.