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Nouveau livre de Rachida M'Faddel
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TOPIC: Nouveau livre de Rachida M'Faddel

Nouveau livre de Rachida M'Faddel 2 years, 3 months ago #506

« Rachida retrace un voyage en aller simple au Canada

Pour son deuxième roman, Rachida M'faddel revient, une fois encore, sur la problématique de l'émigration. Une œuvre écrite d'une main simple, mais qui dévoile bien des complexités


Partir, quel que soit le coût. Quitter le pays pour aller vers un inaccessible rêve. Passer les frontières pour vivre mieux. S'installer ailleurs pour faire comme les autres qui sont partis et qui ont ou semblent avoir réussi. Prendre famille et bagages pour «garantir son avenir».

En voilà quelques-unes des formulations qu'on adosse au verbe «immigrer», quand on tente l'argument par sa mise en perspective. Seulement, au cours des dernières décennies, et compte tenu de la « aturation» de la destination Europe, doublée du verrouillage de la forteresse vieux continent, les yeux se sont tournés vers le grand large : Adieu Europe, bienvenue au Canada, serait le titre d'un éventuel récit sur cette nouvelle destination. Pas facile d'y accéder, mais tous les chemins sont bons pour tenter la grande aventure. Avec, néanmoins, cette particularité quant au profil de ceux qui «choisissent» de s'embarquer vers ce pays qui, proximité géographique oblige, se prête fort bien au qualificatif du «nouvel Eldorado». C'est qu'on n'est plus dans la logique d'un sans- emploi ou d'un sous-employé, sous-rémunéré qui décide de partir pour se faire plus d'argent. Mais, bel et bien de personnes bien installées chez eux, qui sont cadres, qui «vivent bien», qui ont une voiture, un appartement et patati et patata. Et hop, le démon de l'immigration les prend par surprise. Sauf que la décision, elle, est souvent soigneusement préparée. Peu importe la suite des événements. C'est un peu à cela que ressemble le destin de Nabil Mansouri. Un personnage plus vrai que vrai qui se trouve être le protagoniste du deuxième roman de Rachida M'fadel, «Canada, aller simple». Pour le jeu de mot, ce n'est pas aussi simple que cela ! Tout commence par l'histoire d'une de ses connaissances. Un ami, qui répond au nom de Mourad qui, après avoir reçu son visa d'immigrant, vendit une voiture de marque et un appartement dans un quartier chic de la métropole avant de partir. Nabil, pris du même désir et sur fond des chimères qui se dessinait devant ses yeux, décida de tenter sa chance. Première tentative, première déception.

Outre les tensions qui se sont fait jour dans le couple, rien qu'à l'idée, la déception était que sa demande auprès de la délégation générale du Québec à Paris a essuyé une fin de non-recevoir. Pas de problème, il y a toujours dans les parages quelqu'un pour donner le conseil qu'il faut. Et le conseil, bien entendu agrémenté de belles perspectives d'une connaissance qui se plaît bien sur place, n'est autre que l'option de prendre un avocat en immigration. Détail à l'appui, l'auteur, qui est aussi journaliste, trace la trajectoire d'un départ annoncé. Le récit, d'une écriture qui ne cherche pas les détours, encore moins le phrasé qui frappe, Rachida M'fadel suit l'itinéraire de Nabil. Pas à pas et démarche par démarche, on rencontre un Nabil dans tous les états de celui qui émigre. Notre protagoniste, pareil à Mourad, brade ses biens et part avec femme, enfants et bagages. La porte du grand rêve s'ouvre. Mais, le destin lui cachait bien des nuages à l'horizon. D'un extrême à l'autre. Devant le rêve se cachait les revers de la médaille. L'idée d'une vie meilleure se transforme, au fil des 368 pages du roman sorti aux éditions Fennec avec l'appui du CCME, en une bataille pour la survie. L'échec, aux multiples facettes, pointe à l'horizon. Une expérience d'un couple qui n'a rien d'unique. Ils sont, en fait, nombreux à avoir rêvé de paradis, pour se retrouver en enfer. C'est ce destin que retrace ce récit.
Post-face
Comme des millions d'hommes et de femmes de par le monde, Nabil Mansouri est porté par le rêve d'immigrer au Canada. Ayant réussi à passer à travers les mailles du processus de sélection, il brade ses biens et s'envole avec sa femme et leurs trois enfants vers le Canada. Rapidement, son rêve d'une vie meilleure se transforme en une lutte pour la survie.
Le rêve se craquelle : manque de moyens, perte de repères, fracture au sein du couple… La quête d'un mieux-vivre conduira-t-elle cette famille, comme tant d'autres, fatalement, au déchirement, au désespoir, voire à l'échec ? Basé sur des faits réels, ce roman dévoile la face cachée de l'immigration et donne un aperçu du mirage canadien. Tous ceux et celles qui vivent le drame de l'exil se reconnaîtront dans cette histoire.
Si certains en sortent vainqueurs, personne n'en sort indemne et beaucoup y laisse des plumes.

-Rachida M'Faddel, journaliste et auteur, s'est installée au Québec il y a neuf ans et y a écrit son premier roman «Le Destin d'Assia, étrange étrangère».

-Elle siège en outre au Conseil d'administration de l'association AFEMPAC qui opère dans des projets caritatifs au Maroc et au Québec.

-Cette association offre également un soutien actif d'accompagnement à l'intégration des immigrants ».

( LE MATIN.ma)

Re:Nouveau livre de Rachida M'Faddel 2 years, 3 months ago #508

C'est véridique en grande partie!! il faut penser mille fois avant de prendre la décision de quitter le Maroc.
Quand t'as rien à perdre au Maroc ( pas d'emploi, pas de biens, pas d'avenir...) ce n'est pas grave, mais quand t'as un bon travail et une bonne situation au Maroc, oubli ca!! C'est très difficile d'avoir un emploi a la hauteur avec diplômes marocains. La majorité ( comme moi) recommencent leur études. Ce qui n'est pas facile dans les cas des familles ( Partir à zéro). D'ailleur c'est la source des problèmes : voir cet article:

À l’étranger, le malheur n’arrive jamais seul, le divorce coïncide souvent avec la période difficile, pour la plupart d’entre eux durant les premières années de l’émigration, au moment même où ils souffrent de l’éloignement familial, de l’isolement et des affres de l’exclusion.





Les couples se mettent dans une situation financière difficile, propice aux conflits conjugaux. Une fois sur le sol américain, le rêve croise la réalité du vécu quotidien. La nouvelle comptabilité échappe aux instruments d’analyse sur lesquels, l’immigrant a fondé son projet d’émigration. Parmi les surprises qui les attendent sont la non reconnaissance des diplômes, de l’expérience de travail à l’étranger et le retrait du nom de l’époux de l’identité de sa femme.

Yasmina, 32 ans, avait vendu tous ses bijoux et remit ses économies à son conjoint avant de quitter son pays natal. « Une fois au Canada, lors d’une querelle, confie-t-elle, il m’a dit : ferme ta gueule, c’est grâce à moi que tu es ici et si tu n’es pas contente, la porte ! Ses propos ont mis le feu dans ma tête, c’était impossible d’éteindre l’incendie ensemble, il fallait que je parte. Je ne pouvais plus le supporter ». Le cas de Yasmina n’est malheureusement pas une exception. En fait, 60 % des couples étrangers explosent dans les cinq premières années suivant leur arrivée au Canada. En terme de pourcentage, les Maghrébins sont bien placés. Ce n’est pas vraiment une surprise. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en rendre compte. Les agents de l’immigration ne cachent plus la vérité aux nouveaux arrivants qui assistent aux séances d’informations du ministère de l’immigration du Québec.
L'intervention de l'Imam, de la mosquée Abou Bakr Essedik, n'a pas surpris les fidèles le dimanche 4 mai 2003 lorsqu'il a déclaré qu'il y a un grand problème lié au divorce. Entre midi et 17h00, dit-il, quinze personnes sont venues me voir pour le divorce, c'est trop ! ». Bénévole, Farid Mékideche a été témoin de plusieurs cas et son expérience est riche d'enseignements. Depuis 17 ans, plusieurs couples se sont séparés dans son entourage. Au début, confie-t-il, « je ne comprenais pas ce qui se passait, mais il fallait intervenir rapidement auprès des familles. La médiation était difficile, mais nécessaire.
Sur les 12 cas où j'ai eu à intervenir, un seul s'est soldé par un échec ». L'homme d'affaires montréalais, avait pensé former un comité de sages pour intervenir dans les affaires délicates touchant la communauté, mais il a été confronté à plusieurs obstacles. Il reconnaît lui-même que c'est difficile de convaincre les gens du bien fondé de son projet, cependant il ne désespère pas, en compagnie d'un Imam, il a rendu visite à une femme séparée, le but étant d'offrir des services de médiation pour elle et son époux. Mais l'accueil a été mouvementé : « Après les présentations, dit-t-il, la femme a menacé d'appeler la police si on ne repartait pas tout de suite ». Alors l'Imam m'a dit : « Je n'ai rien à faire ici, j'ai fait ce que je devais faire, nous partons maintenant ».

De leur côté, les associations communautaires se battent seules pour apporter un peu de réconfort aux personnes en difficulté. La plupart de ces associations, comme le Centre Culturel Algérien, le Regroupement des Marocains au Canada (RMC), le Regroupement des Algériens au Canada (RAC) ou encore les Services Sociaux à la Famille Musulmane du Québec (SSFMQ) sont privées de financement, elles vivent de dons.

Tout à refaire

Ce n'est pas facile pour les nouveaux immigrants de percer rapidement dans une société qui remet en cause tous les acquis obtenus au pays d'origine (formations, diplômes et expériences de travail). De plus, les immigrants ne sont pas habitués à la rigueur administrative, ni aux lois qu'ils ne connaissent pas bien. Une fois en Amérique du Nord, on les traite comme s'ils avaient grandi dans la culture occidentale. On reconnaît leurs torts, mais pas leurs acquis. Autant d'obstacles à l'intégration immédiate. C'est la période la plus critique estimée entre un et cinq ans où tout peut basculer dans la vie d'un couple. Dans un premier temps, ils doivent se contenter de la portion congrue de l'aide sociale et des allocations familiales en attendant d'intégrer le marché du travail. Pour faciliter leur adaptation, la majorité des nouveaux arrivants s'établissent parmi les leurs, dans un quartier à leur image. C'est dans les lieux publics, (parcs de jeux, magasins et marchés) qu'ils font connaissance avec des personnes issues de leur communauté. Et souvent, grâce aux enfants qui provoquent les rencontres. Au Canada, l'épouse prend conscience du rôle qu'elle peut jouer au sein de la société, du pouvoir et des privilèges de la femme dans la famille. Bien informée, elle pèse le pour et le contre avant de réagir, mais chose certaine, elle ne veut plus subir. L'image de réussite que lui renvoient les femmes célibataires issues de toutes les communautés renforce ses pensées et au risque de tout bouleverser, elle veut changer les rapports de force au foyer. Surpris, le mari ne voit pas les choses de la même façon. À partir de ce moment, le couple s'engage dans une aventure périlleuse.

Le cauchemar s'empare du rêve

Dans ces moments difficiles, tout sépare le couple, le coupable c'est toujours l'autre. La femme craque souvent en premier, coupée de ses racines après avoir tout abandonné derrière elle. Confrontée au choc culturel, un phénomène qui touche les nouveaux immigrants, elle a du mal à supporter l'éloignement. Les parents, les frères et soeurs manquent, entendre leur voix chaque semaine ne suffit pas à combler le vide ni à stopper les larmes. Enfermée dans un quartier nouveau où il faut tout réinventer et tout apprendre, rien ne la rattache à ce qu'elle a vu et connu dans son pays d'origine. Les moments de détente et de divertissement sont gâchés par les médias. La télévision n'apporte pas grand-chose, les faits divers dominent. L'actualité locale et internationale sont déprimantes et ne parlent que de violence. C'est la solitude totale. La plupart des femmes pleurent les premiers mois. Elles se sentent ignorées et parfois humiliées. Le manque d'affection et d'amour devant l'incompréhension du conjoint fait naître les premiers signes de désaccord. Les mauvais souvenirs du couple remontent à la surface. Chacun accuse l'autre de l'avoir entraîné dans une aventure insensée. Tout éclate devant les enfants qui ne savent plus vers qui se tourner. C'est le début du processus infernal qui mène à la séparation, il est insupportable.
La séparation du couple

La situation s'envenime entre les époux, l'homme tremble lorsque la femme menace de composer le 911, l'un des deux va poursuivre l'autre devant la justice. C'est souvent la femme. La panique dans le couple, la détresse et l'affolement conduisent aux erreurs immenses, dont celle de dire n'importe quoi à n'importe qui et n'importe où. Qui doit partir ? La plupart du temps, le coeur brisé à cause des enfants, le père quitte le foyer ou se retrouve en prison après l'intervention des policiers. Dans d'autres cas, l'épouse battue et abattue est placée dans un centre d'accueil pour femmes. Des principes bidon sont parfois à l'origine du conflit. On s'accroche à n'importe quoi pour briser un foyer fragile. . La plupart des femmes ont fait des sacrifices énormes pour participer, aux côtés de leur mari, à l'effort d'émigration. Comme Yasmina, elles ont donné leurs yeux pour venir au Canada. Par ailleurs, durant les premières semaines et les premiers mois qui suivent la séparation, le père paie cher l'échec conjugal. Il ne peut pas voir ses enfants comme il le souhaite et même lorsqu'ils sont avec lui, il a du mal à les voir repartir. Cette épreuve difficile est vécue péniblement par les hommes qui doivent graduellement composer avec le sort en attendant la décision d'un juge. Les ex-époux ne peuvent plus se voir et si l'occasion se présente, c'est la haine qui guide leurs conversations.
Pousser le drame à l'extrême

Dans la plupart des cas de divorce, les enfants se retrouvent du côté de la mère, une situation normale, mais injuste, car certaines femmes exploitent la naïveté des enfants pour les dresser contre le père dans un pays où les gens croient dur comme fer que les enfants ne mentent pas. Certaines épouses poussent le drame à l'extrême : elles ne cherchent plus à obtenir le divorce, mais elles veulent se débarrasser complètement de leur époux. C'est la pire chose qui puisse arriver un jour à un père. Affronter publiquement ses propres enfants et que ces derniers, les yeux dans les yeux, l'accusent devant un juge de choses invraisemblables, tels l'inceste et l'harcèlement sexuel. À ce drame, en succède un autre au moment où le père est désorienté par la séparation et inquiet du sort de sa progéniture.
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Last Edit: 2 years, 3 months ago by Jamal El Khaiat.

Re:Nouveau livre de Rachida M'Faddel 2 years, 3 months ago #512

Merci Jamal pour l'ouverture de ton coeur, je veux sité deux proverbes marocains dans ce chapitre :
- Sal lamjarrab la atsal atbib
- Dire bi ray alli ibakkik oumaddirch bi ray alli idahkek.
merci une autre fois

Re:Nouveau livre de Rachida M'Faddel 2 years, 3 months ago #530

Avec plaisir M. Ali!! srtout si ca peut aider des gens à prendre des décision clairs!! je connais beaucoup de monde de mon entourage qui regretent d'arriver ici!! surtout des peronnes qui avaient une bonne situation au Maroc et ils depassent l'age de 35!!
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