Washington -Le groupe terroriste d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), soupçonné d'être derrière le rapt jeudi au Niger de cinq français, d'un togolais et d'un malgache, est "plus dangereux que jamais", estime le magazine US Newsweek, dans un article intitulé: "Montée d'Al-Qaeda en Afrique du nord".
AQMI est certainement devenu un adversaire plus dangereux et plus audacieux que jamais", met en garde l'auteur de l'article, notant que "les ambitions grandissantes de son leadership dénote une volonté de se positionner sur un créneau plus international, plus sophistiqué et mieux financé".
Si cette franchise terroriste, "adoubée" par Ayman Zawahiri, numéro 2 d'Al-Qaeda, se révèle être derrière le kidnapping des ressortissants français travaillant pour les groupes industriels Areva et Satom, "ce serait la troisième fois cette année qu'AQMI prend des ressortissants européens en otages", note Newsweek.
Citant le Council on Foreign Relations (CFR), un think tank basé à Washington, la publication US rappelle qu'AQMI "est né du groupe islamiste armé (GIA) qui avait semé la terreur en Algérie, dans les années 90, à travers des campagnes de massacres, d'attentats et de rapts".
Le GIA, poursuit-on de même source, s'est par la suite fait baptisé Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), jusqu'à ce qu'il soit officiellement coopté, le 11 septembre 2006, par Zawahiri.
Le CFR estime, d'autre part, qu'AQMI compte des centaines de militants et met à profit les frontières poreuses des pays du Sahel pour se déplacer à son avantage, ajoutant que ce groupe terroriste avait même envoyé des combattants en Irak et que des cellules qui s'en inspirent avaient été démantelées en France, Espagne, Grande Bretagne, Allemagne, Portugal et aux Pays-Bas.
AQMI, qui avait par le passé pris des otages, a attiré l'attention de la communauté internationale, en juillet dernier, lorsqu'il avait capturé, et détenu au Mali, Michel Germaneau, un travailleur humanitaire de nationalité française, rappelle la publication.
Les autorités françaises avaient lancé une opération qui s'est soldée par la mort de six militants d'AQMI sans pour autant libérer l'otage, qui avait été tué plus tard, souligne-t-on de même source.
La France "sera désormais dans l'obligation d'escalader la guerre déclarée par le Premier ministre, François Fillon, contre AQMI au lendemain de l'assassinat de Germaneau", conclut Newsweek.