LE DEGOUT
A – QUELQUES PROVERBES SUR LE DEGOUT :
1-« Il vous vient quelquefois un dégoût d'écrire en songeant à la quantité d'ânes par lesquels on risque d'être lu ». (Paul Léautaud)
2-Les amours meurent par le dégoût, et l'oubli les enterre.(Jean de La Bruyère)
3-Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie constituent aujourd'hui des positions sociales.(Honoré de Balzac)
B – DÉFINITION DU MOT DÉGOUT :
Le dégoût est une forme de colère très avancée. Il s’agit d’une réaction de “trop plein” ou de répulsion physique (cœur) ou morale (cerveau) . En plus de signaler une insatisfaction considérable, le dégoût renferme un jugement moral sur l’objet du dégoût.
C- QUALITE :
Comme qualité, le dégout devient une maladie insupportable dans la vie si ses actes dépasseront les limites fixées par la nature, car il ne faut pas mélanger entre la haine et le dégoût.
Le dégoût peut être classé en deux catégories :
-Dégoût léger : moins grave et qui est passager avec le temps
-Dégoût lourd : C’est le plus grave, il est permanant et peut mener à une destination dangereuse comme la psychopathie ou le suicide.
D-EXEMPLE D’UN DEGOUT GRAVE : Le dégoût de soi .
« Le dégoût de soi pousse à éviter les miroirs, pour ne pas se rencontrer au détour d’un reflet.
Le dégoût de soi fait déchirer les photos où on apparaît, replet et rebondi, au milieu des autres uniformément minces.
Le dégoût de soi fait éviter les douches, pour ne pas sentir les gouttes d’eau qui rebondissent sur ce corps trop gras, cette peau trop tendue, trop blanche de ne plus s’exposer.
Le dégoût de soi pousse à éviter les regards de peur d’en rencontrer un qui juge et mesure l’étendue des dégâts, fronce les sourcils en même temps que le nez se relève et se plisse … de dégoût.
Le dégoût de soi fait dormir tout habillé, la couette relevée jusqu’au menton, pour dérober au regard et oublier enfin la lourdeur de ce corps empâté.
Le dégoût de soi vous donne envie de ne plus vous laver, ne plus vous dévêtir pour ne plus avoir affaire à cette enveloppe charnelle tellement pesante.
Le dégoût de soi vous dégoûte de l’amour que vous n’inspirez plus. Vous renoncez, et tant pis pour l’amour qui manque, vous compenserez autrement.
Car le dégoût de soi vous fait manger, pour diluer la déprime, l’étouffer, lui faire un sort. Et parce que vous mangez, vous grossissez encore, et grandit en vous le fameux dégoût qui vous fait manger encore. Le dégoût de soi est un cercle vicelard qui vous enferme loin des autres.
Le dégoût de soi vous fait vous enfermer, honteux, pour ne plus exposer aux regards du dehors ce que votre propre regard ne supporte plus.
Le dégoût de soi pousse à se haïr tellement fort, tellement loin, que vous finissez par fuir les autres de peur qu’ils ne découvrent le monstre que vous êtes.
Le dégoût de soi vous taraude à chaque moment, à chaque instant, tant et si bien que vous finissez par dormir, longtemps et beaucoup pour ne plus avoir ces terribles pensées.
Le dégoût de soi ne vous laisse jamais tranquille.
Le dégoût de soi … n’est pas à souhaiter à son pire ennemi. »