Cette semaine, j’étais sur la terrasse d’un café dans la partie couverte du marché Jean-Talon quand un passant m’a interpellé. Le visage m’était familier. Après un bref échange, il s’est avéré être un de mes «ex» qui a participé à mon atelier sur les réalités socioéconomiques du Québec. Cela faisait deux ans déjà.
Une fois attablé, mon ex m’a avoué que, depuis son arrivée, il a été marqué par la poisse. Ça a commencé mal, car il a dû se résoudre, comme plusieurs, à travailler dans un centre d’appel pour gagner un peu d’argent. Dès sa première année, un drame familial au pays l’a secoué lorsqu’une partie de sa famille a été décimée par un accident de la route. Pis encore, à sa deuxième année, on a diagnostiqué chez lui une maladie qui nécessite un suivi médical sérieux deux jours par semaine.
En gros, le destin s’est acharné sur le bonhomme deux ans durant. Il m’avoua candidement qu’il est à la croisée des chemins et qu’il ne sait pas où donner de la tête. D’autant plus, avec son suivi médical, ses options sont limitées. Enfin, selon lui, une des avenues qu’il envisage, c’est un retour aux études dans une formation d’appoint qui lui permettrait d’accéder rapidement au marché de l’emploi dans un métier en demande. En résumé, il m’a demandé mon conseil.
Je lui ai d’abord demandé de se concentrer sur sa guérison en premier. Ensuite, son cas professionnel dans l’absolu, est un cas classique de plusieurs immigrants qui, une fois ici, découvrent que leur expérience passée ne fait pas le poids sur le marché de l’emploi québécois pour x raisons.
Or, dans ces cas-là, plusieurs s’y prennent de la mauvaise manière. Pourquoi? Ils commettent deux erreurs. Premièrement, ils croient à tort qu’un retour aux études est nécessaire, ce qui n’est pas toujours vrai. Ensuite, ils cherchent à choisir un métier en demande sans savoir s’ils sont faits pour ou non. Ce qui a une grande probabilité de leur être fatal professionnellement.
Avant de se lancer mains et pieds liés dans une aventure de réorientation professionnelle, la première des choses est de clarifier son choix de carrière. Car, entre ce qu’on veut et ce qu’on peut, il y a un fossé. C’est pour cette raison que la formulation de son «nouvel» objectif de carrière n’est pas une action aisée. Règle générale, cette démarche passe par trois étapes : savoir ce qu’on veut faire, puis savoir si on peut le faire pour, enfin, mettre à l’épreuve et confronter ce nouvel objectif de carrière à la réalité du marché du travail.
En effet, à la croisée des chemins, vaut mieux chercher de l’aide de professionnels… (La suite bientôt!)
par: Hassan Serraji
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