(Québec) La commande est de taille. Pour prendre la relève des personnes retraitées et faire face à la croissance prévue de l'emploi, plus de 1,4 million de personnes devront entrer sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie.
Tel est l'un des constats contenus dans un document préparé par la direction de l'analyse et de l'information sur le marché du travail d'Emploi-Québec dont Le Soleil a obtenu copie. L'étude intitulée Le marché du travail au Québec - Perspectives à long terme 2010-2019 permet, entre autres, à l'agence gouvernementale de préparer les perspectives d'emploi pour chacune des régions de Québec et pour les différents secteurs de l'économie.
Il y aura donc 1,4 million de postes à pourvoir au Québec d'ici 2019. Pour répondre à la croissance de l'emploi, le marché du travail aura besoin de 367 000 personnes. Et pour remplacer ceux et celles qui prendront leur retraite, le Québec devra compter sur l'entrée ou le retour sur le marché du travail d'un million de personnes. L'étude révèle que des secteurs seront plus affectés que d'autres par la vague des départs à la retraite.
Dans celui de l'enseignement, par exemple, pas moins de 32 % du personnel devrait avoir quitté son poste au cours des 10 prochaines années. «Dans la santé et l'assistance sociale, 30 % en feront autant, de même que dans le secteur de la fabrication.»
Objectif réalisable
Si la commande est grande, elle n'est pas irréalisable, assure Emploi-Québec en précisant que les bassins de main-d'oeuvre étaient suffisamment bien garnis pour combler les besoins. L'arrivée des jeunes sur le marché du travail permettra de pourvoir un peu plus de la moitié - 700 000 postes - de la demande future de main-d'oeuvre. Toutefois, Emploi-Québec prévient que «les jeunes ne pourront répondre seuls aux besoins de main-d'oeuvre d'ici 2019».
«Au début des années 2000, pour 100 personnes de 60 à 64 ans qui en étaient à leur dernier tour de piste dans le monde du travail, le Québec pouvait compter sur 140 jeunes de 15 à 19 ans qui y faisaient leurs premières armes.»
En l'espace de quelques années, le portrait a changé. «En 2011, la proportion commencera à s'inverser et, à la fin de la décennie, on ne comptera plus que deux jeunes pour trois personnes de 60 à 64 ans.»
S'inspirant du plus récent scénario démographique de l'Institut de la statistique du Québec prévoyant que le Québec accueillera 300 000 personnes immigrantes au cours de la prochaine décennie et que 90 % de ces nouveaux arrivants seront âgés de moins de 45 ans, Emploi-Québec estime que l'immigration «devrait accroître la population active de plus de 225 000 personnes.
La hausse du taux d'activité est un autre facteur qui devrait permettre de doter près de 200 000 des 1,4 million de postes à pourvoir.
«Au Québec, le taux de participation au marché du travail chez les personnes de 15 à 64 ans est déjà parmi les plus élevés sur la planète, puisqu'il a atteint 77 % en 2009», souligne-t-on.
«Néanmoins, en raison, d'une part, du rehaussement continu du niveau de scolarité des personnes en âge de travailler et, d'autre part, de la baisse prévue du chômage, qui réduira le découragement chez les chercheurs d'emploi, ce taux d'activité devrait atteindre 80 % à la fin de la décennie.»
Emploi-Québec croit également que la hausse du taux d'activité des personnes de 65 ans ou plus contribuera à favoriser la venue de 100 000 nouveaux individus sur le marché du travail. «La population active de ce groupe d'âge a triplé en neuf ans, pour atteindre 84 000. Leur taux d'activité, qui est passé de 3,3 % à 7,6 % depuis 2000, va continuer de progresser pour s'approcher de 12 % en 2019», soutient Emploi-Québec.
Le dernier bassin à partir duquel le Québec puisera les travailleurs dont il aura besoin au cours de la prochaine décennie est celui des chômeurs. Selon Emploi-Québec, près de 115 000 postes seront dotés à même la résorption du chômage.
«Le Québec comptait 355 000 personnes à la recherche d'un emploi en 2010. Il s'agit d'un important bassin de main-d'oeuvre, dont plus de la moitié détenait un certificat ou un diplôme d'études secondaires ou un diplôme universitaire.»
source:
cyberpresse.ca
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