Les courses de moto gagnent en popularité dans le monde arabe

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Jamal El Khaiat in Sports et loisirs on Déc 24, 2010
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La Fédération arabe de motocyclisme n'a que deux ans, mais ce sport fait de plus en plus d'adeptes dans le Maghreb. La fédération s'attache à développer et à soutenir le motocyclisme comme un sport et à le rendre accessible à tous les jeunes Arabes.

La Tunisie a elle seule compte plus de 300 pilotes et la fédération envisage de s'étendre dans le monde arabe. L'Algérie, la Tunisie et le Maroc disposent de fédérations actives, en plus de six autres Etats arabes.

Pour en apprendre plus sur ce nouveau sport, Magharebia a rencontré le président de la Fédération arabe de motocyclisme Chekib Brahmi à Tunis pour parler de la manière dont il envisage de le promouvoir dans l'ensemble du monde arabe.



Magharebia : Comment la Fédération arabe de motocyclisme assure-t-elle la promotion de ce sport ?

Chekib Brahmi : La fédération est aujourd'hui mieux organisée en termes de règlement et de règles. Elle a pu rassembler des athlètes de l'ensemble des Etats arabes, et à ouvert de nouvelles opportunités aux talents arabes. Elle a fondé des clubs où ces athlètes peuvent s'entraîner, dans un environnement sain, et développer leur passion, ce qui leur permet de participer à des championnats et à des tournois réguliers organisés par la fédération dès que l'opportunité se présente.

Bien qu'encore jeune, la fédération a réussi à atteindre certains de ses objectifs. En affrontant des pilotes internatonaux, de nombreux pilotes ont pu réaliser d'excellentes performances, acquérir de l'expérience, et développer leurs talents. La dernière épreuve en date a été le championnat international organisé en novembre dernier par la Tunisie, auquel ont participé 35 pilotes de 14 pays arabes.

Nous pouvons affirmer que la Fédération arabe de motocyclisme est l'une des fédérations les plus actives dans le sport mécanique dans le monde.

Magharebia : La fédération est-elle vraiment une organisation panarabe avec seulement neuf pays membres ?

Brahmi : Une entité ne dépend par vraiment de ce qu'elle fait en matière de coopération et de solidarité entre ces pays.

Contrairement aux autres sports, le motocyclisme est le seul sans concurrence panarabe. Chacun tente de faire avancer ce sport, de se faire reconnaître au niveau mondial et de se faire connaître auprès de tous les grouppes sociaux, notamment des jeunes, qui peuvent devenir actifs au sein de la société et assumer leurs responsabilités malgré les difficultés et les moyens que ce sport nécessite.

Une moto coûte entre 25 000 et 30 000 dinars (13 000 à 15 000 euros), et cela fait du motocyclisme l'un des sports les plus chers. S'y ajoute le coût des déplacements lorsque les compétitions se déroulent dans d'autres pays arabes. Mais un esprit de persévérance et de défi existe parmi les responsables et les pilotes, qui permet d'abolir les obstacles et de donner aux pilotes arabes une chance de prouver leur valeur sur la scène internationale.

Magharebia : Quelles sont les qualifications requises pour adhérer à la fédération ?

Brahmi : La seule qualification pour rejoindre la Fédération arabe de motocyclisme est que les associations de ce sport dans les Etats arabes soient inscrites auprès de la Fédération internationale de sports motocyclistes et reconnues comme membres.

Certains clubs arabes de motocyclisme ne sont pas encore enregistrés, ce qui les empêche d'adhérer à notre fédération. En plus des neuf Etats membres, nous avons reçu des demandes de la part de pays comme les EAU, le Qatar, la Jordanie et la Libye, qui souhaitent nous rejoindre.

Mais cela ne signifie pas que les nations arabes ne sont pas intéressées par ce sport ou que celui-ci y soit marginalisé. Au contraire, le motocyclisme commence à avancer et à attirer les asmateurs de sensation. Il devient un sport populaire.

En Tunisie, on compte plus de 300 pilotes licenciés provenant de six associations et de plusieurs spécialités, notamment une association de femmes, ce qui montre que ce sport commence aussi à intéresser les femmes.

Magharebia : Il existe des pilotes femmes célèbres comme Hamida Saklaoui ; pourquoi alors les femmes sont-elles absentes des championnats et des compétitions organisés par la fédération ?

Brahmi : Parce qu'il n'existe aucune femme capable de participer au plan international, notament aux championnats sur longues distances dans le monde arabe, parce qu'elles manquent des moyens et des possibilités. Mais des efforts sont actuellement en cours dans plusieurs pays arabes et au sein des comités de la fédération pour former des femmes pilotes, de manière à les préparer à participer à de futures compétitions.

Magharebia : Certains rapports indiquent que des participantes tunisiennes se sont vu interdire de participer au championnat arabe en Egyte par suite de la préférence donnée à certains Etats du Golfe. Est-ce vrai ?

Brahmi : Cela n'est pas vrai. De fausses informations ont été propagées, affirmant notamment que la fédération arabe avait interdit aux femmes pilotes de participer de manière à ne pas gêner certains Etats du Golfe, où les femmes ne sont pas autorisées à conduire ou piloter.

Je souligne que cette information a été délibérément propagée. La fédération arabe n'a pas refusé et ne refusera jamais la participation des femmes dans aucun championnat, car elle souhaite au contraire que les femmes soient présentes dans ce sport. Pour le prouver, une jeune kowétienne de 16 ans a participé au championnat arabe organisé au Koweït en avril dernier. Elle a bénéficié d'un fort soutien de la part des responsables, à la fois de la fédération arabe et de la fédération internationale, qui ont souligné l'importance de voir des femmes participer à ce sport.

L'Association tunisienne du motocyclisme a fait partie des premières associations à engager des femmes et à leur permettre de participer aux compétition, de manière à renforcer la présence des femmes dans tous les sports.

Magharebia : Est-il prévu d'organiser un championnat du Maghreb ?

Brahmi : Des rassemblements réussis ont déjà été organisés dans le Maghreb, comme en Tunisie et en Libye, notamment le Rallye international de Tunisie, qui se court désormais en partie en Libye, et auquel participent des participants de l'ensemble du Maghreb et de pays du monde entier.

Le seul obstacle qui nous empêche d'organiser un rallye du Maghreb au moindre coût est la fermeture de la frontière entre le Maroc et l'Algérie, qui empêche les participants marocains de se rendre en Tunisie en traversant le territoire algérien. Nous espérons qu'une solution sera trouvée à ce problème, mais jusqu'alors, la Tunisie reste la destination de tous les athlètes mondiaux grâce à la sécurité et à la sûreté qu'elle offre.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.

 

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