Maroc: appel à la réintégration d'ancien prisonniers politiques

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Manal in Actualités on Mai 01, 2010
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RABAT - Deux ONG marocaines de défense des droits de l'Homme ont appelé vendredi à Rabat à la réintégration de plus d'un millier d'anciens détenus politiques dans la vie socio-professionnelle.

"Nous demandons au secrétaire général du Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH, officiel) d'appliquer toutes les recommandations de l'Instance équité et reconciliation (IER) et de réintégrer ces anciens détenus politiques", a déclaré à l'AFP Mohamed Sebbar, un des dirigeants du Forum vérité et justice (FVJ).

"Le nombre concerné par cette injustice ne dépasse par 1.200 victimes de ce qu'on appelle les +années de plomb+", selon M. Sebbar.

Les "années de plomb" ont été marquées par une vaste campagne de répression contre les militants de gauche sous le règne du roi Hassan II, entre 1960 et 1999.

Mohamed Sebbar s'est exprimé à l'occasion d'un rassemblement organisé par le FVJ en présence de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) devant le siège du CCDH.

Une dizaine d'anciens prisonniers politiques observaient par ailleurs depuis 12 jours une grève de la faim devant le CCDH. Trois d'entre eux ont cessé vendredi leur mouvement après avoir rencontré des responsables du CCDH.

"Il y a ceux qui doivent être réintégrés au travail qu'ils exerçaient avant d'être emprisonnés, et ceux qui n'ont aujourd'hui aucun métier", a déclaré pour sa part Abdelilah Benabdeslam, vice-président de l'AMDH.

Le secrétaire général du CCDH, Mahjoub El Hiba a de son côté affirmé que le FJV devait être reçu par le CCDH mardi dernier dans le cadre de la rencontre périodique organisée chaque mois, mais l'association n'ont pas respecté le rendez-vous et ne s'est pas excusée".

Selon M. El Hiba, des "comités régionaux ont commencé à étudier les dossiers dans le cadre d'une approche visant à sortir ces gens de leur situation de victimes à celle de personnes actives".

"Nous sommes devant des cas complexes répartis sur plusieurs régions, sur une diversité d'âges et sur des catégories sociales différentes", a ajouté M. El Hiba.

L'IER, créé par le roi Mohammed VI au sein du CCDH, avait pris en 2005 une série de résolutions pour éviter de nouvelles exactions.

Quelque 12.000 personnes victimes de la répression ont été jusqu'ici indemnisées par l'Etat sur décision de l'IER mise en oeuvre par le CCDH.

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