Pas d’immunité pour le prince saoudien qui a fauché une piétonne en 2009 à Cannes
Avant d’être à nouveau opérée, Marie Dalmont a évoqué ses blessures tant physiques que morales, dans sa maison de la Gaude. Mais la procédure lancée à l’égard du prince saoudien qui l’a accidentée lui confère enfin un statut de victime.Franck Fernandes

Le parquet a finalement lancé une procédure pénale contre le jeune Saoudien qui avait fauché Marie Dalmont avec sa Porsche en août 2009
C’est une première victoire pour Marie Dalmont. Malgré son statut honorifique de prince, le chauffard qui l’avait accidentée le 17 août 2009 à Cannes, est néanmoins justiciable. Comme tout un chacun. Abdulazziz Al Saud Salman Bin Faisal M. Bin Saud, 27 ans, a beau rouler en Porsche et figurer parmi les membres de la dynastie régnante en Arabie Saoudite, il ne bénéficie pas de l’immunité diplomatique en France. Contrairement à ce qu’a laissé entendre son entourage, le soir des faits. « Ce n’est pas parce qu’un étranger est en possession d’un passeport diplomatique qu’il dispose de l’immunité accordée par le pays d’accueil. Or, le prince susnommé ne figure pas sur nos listes », confirme-t-on au Quai d’Orsay. Foin de tapis rouge pour invité de marque, donc. Cet état de fait ouvre plutôt la porte d’une procédure pénale, au palais de justice de Grasse. « Il y aura une audience devant le tribunal correctionnel car il n’est pas question de passer l’éponge, tranche déjà le procureur Jean-Michel Cailleau. Depuis le début, ce monsieur jouait à cache-cache, on ne pouvait pas en rester là ».
« S’il doit comparaître, il viendra… ou sera représenté »
Faute d’obtenir immédiatement réparation, Marie Dalmont peut déjà y trouver une certaine satisfaction. Même si elle a un goût amer, car il manque toujours son adversaire. Comme sa Porsche « 1 » pulvérisée, le prince a disparu de la circulation. Pointe aux abonnés absents, dans la résidence secondaire de Vallauris-Super-Cannes où sa famille passe régulièrement des vacances. À défaut d’avoir répondu à une audition policière, se présentera-t-il à une convocation judiciaire?
« S’il est cité à comparaître, il viendra ou se fera représenter, assure Me Philippe Maria, son avocat sur le territoire national. Mais dans cette affaire, ce n’était pas la peine d’aller au tribunal. On aurait pu passer par un processus à l’amiable car mon client n’a jamais refusé de payer. On attendait une expertise juste et objective des indemnités dues. Mais la partie adverse a la volonté très nette d’aller à la guerre, comme annoncée, pour tenter de soutirer un maximum d’argent ». Au-delà de la polémique sur le montant réclamé en coulisses et l’échec des négociations (voir ci-contre), le combat de Marie Dalmont n’est pas seulement financier.
« Il ne s’est jamais inquiété de ma santé »
Cette dernière, en partie handicapée et à nouveau opérée du dos pour des complications liées à l’accident, ne réclame pas seulement réparation. Mais aussi, simplement, de la considération. Et si elle entend bien faire payer le prince, ce n’est pour elle que le prix du mépris qu’il aurait toujours affiché. « Depuis l’accident, il ne m’a jamais donné directement de nouvelles, ne s’est jamais inquiété de mon état de santé », souligne la jeune Gaudoise, qui a dû renoncer au rugby et trouver un nouveau poste professionnel. « Aujourd’hui, j’éprouve encore des difficultés à marcher et conduire mais avec la procédure lancée par le parquet, je suis juste réconfortée de voir que, cette fois, on me considère enfin comme une victime ». Un face-à-face avec son « chauffard » lui permettrait sans doute de régler ses comptes. Pour le reste, Marie Dalmont ne croit plus au prince charmant. Depuis ce fameux soir du 17 août 2009 à Cannes…









