Sahara: Rabat accuse le Polisario et l'Algérie de manipuler Aminatou Haidar
NEW YORK (Nations unies) - Le Maroc a accusé vendredi le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, de manipuler l'activiste sahraouie Aminatou Haidar, en grève de la faim en Espagne, pour empêcher la reprise des pourparlers sur l'avenir du Sahara occidental, actuellement bloqués.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Taieb Fassi-Fihri, a affirmé à la presse, à l'issue d'un entretien avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, que la grève de la faim de Mme Haidar n'était pas un cas humanitaire, mais "une décision politique prise ailleurs pour éviter des négociations".
Aminatou Haidar, 42 ans, est en grève de la faim depuis le 16 novembre à Lanzarote (Espagne), pour pouvoir retourner chez elle à Laâyoune, au Sahara occidental, ex-colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc après le départ des Espagnols.
Mme Haidar a été expulsée le 14 novembre du Sahara occidental par les autorités marocaines, qu'elle accuse de lui avoir retiré son passeport marocain. Selon Rabat, elle a refusé d'"accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine".
Elle a affirmé sa volonté d'aller jusqu'au bout, en dépit des "pressions" de Madrid pour la faire cesser et de l'inflexibilité du Maroc.
"Nous ne pouvons pas répondre à un chantage," a déclaré M. Fassi-Fihri, suggérant que la grève de la faim de Mme Haidar, ainsi que le cas de sept activistes sahraouis des droits de l'homme arrêtés en octobre à leur descente d'avion à Casablanca, étaient orchestrés pour faire dérailler la reprise des pourparlers sur l'avenir du territoire.
"Le Maroc regrette que le second tour informel des négociations ait été reporté (...) à cause de certaines manoeuvres de l'Algérie et du Polisario (qui) refusent d'aller vers cette solution politique et préfèrent le statu quo", a dit M. Fassi-Fihri.
Le Maroc considère que le Sahara occidental fait partie intégrante du royaume. Le Polisario, soutenu par l'Algérie, a combattu pour son indépendance. Il réclame aujourd'hui un référendum sur l'avenir du territoire dans lequel l'indépendance serait l'une des options offertes. Rabat propose pour sa part une large autonomie sous sa souveraineté.
Quatre sessions de négociations directes sous l'égide de l'ONU à Manhasset, près de New York, n'ont pas permis de rapprocher les positions.
Une tentative informelle de débloquer ces pourparlers, en août dernier à Vienne, a échoué.
(©AFP / 11 décembre 2009 23h05)









