Au point de vue religion, les règles du ramadan sont communes pour l’ensemble des pays Musulmans. Mais dans la société, on distingue quelques différences très limités qui touchent généralement des coutumes dans les préparatifs qui sont propres à chaque région du monde Islamique.
Ici je vous propose de lire les préparatifs de ce mois sacré d’une région du Marocain que l’on aime beaucoup , très chère pour nous et toujours dans nos cours , c’est la région du souss. Cette étude est donnée sur le net.
Agadir entre le standard et les coutumes au Souss
« La forte poussée et l’élan moderne que connaît Agadir, terre de ressources et de prospérité confirmées, ont assuré à cette ville une confortable attractivité, aspect qui a séduit de nombreux résidents issus d’autres régions du pays,
entraînant des changements ethniques, culturels significatifs de l’ouverture du Souss à son environnement, le rituel du Ramadan n’a pas échappé à cette tendance.
Alors que les vacances d’été vivent leurs derniers jours, les auréoles ramadanesques cette année se disputent la vedette à une rentrée scolaire exceptionnelle. C’est ainsi que les étalages de souk Al Had, offrant féculents, dattes, chebbakia, confiseries, fruits secs…rivalisent avec ceux offrant cahiers, livres, cartables…ajoutant aux fatigues et plaisirs des vacances, les peines de la rentrée scolaire et la joie de revivre des journées ramadanesques, entachées par la hausse des prix des produits alimentaires de première nécessité.
Entre la standardisation du rituel propre au 9ème mois du calendrier hégirien dans les grandes villes et le maintien dudit rituel dans les espaces ruraux, Ramadan s’immisce dans le quotidien des Soussis en douceur. Comment vit-on alors les journées et les nuits de ce mois sacré sous les auspices du Mont Oufella ?
Mois de jeûne, de prêche, de prière, de dévotion et d’exercices à la maîtrise de soi, les rituels qui l’accompagnent tournent autour d’un conservatisme toujours en relâchement (zones rurales plus favorables aux rituels ancestraux) et d’une forme de standardisation de l’effet Ramadan (zones urbaines dont la majorité des habitants préfèrent le principe à moindre coût). Mois exceptionnel de par ses racines intimes avec le début de la Révélation du Coran au Prophète Mohamed, et en signe de sanctification des valeurs notamment de solidarité et de partage, il est (ou bien conviendrait-il mieux de dire « il était » tant ces rituels tendent à disparaître sous le poids de la cherté de la vie entre autres) de coutume dans les village de garder la porte de sa maison ouverte à la rupture du jeûne, un couvert est toujours réservé au voisin, étranger de passage ou pauvre. Le lait n’est jamais vendu de peur que le pis de la vache ne se dessèche à jamais.
Les familles du village préparent, à tour de rôle le couscous à envoyer à la mosquée (maârouf) après la prière du soir. Les hommes travaillent le jour et prient le soir et une bonne partie de la nuit ; quant aux femmes, elles passent le clair de leur temps à cuisiner ; la veille du 27ème jour du Ramadan (nuit du Destin), elles se fardent de khoul et de souak, encensent la maison en l’honneur du mari. Dans beaucoup de villages sur front de mer, les repas du Ramadan sont fait à partir de produits locaux : le repas du shour est composé de Rfissa (batbout à l’orge et beurre beldi), de thé et avant d’aller au lit, afin d’éviter toute acidité pendant la longue journée de travail ; il est de coutume de consommer Lamriche (farine d’orge dorée au feu de bois) mélangé avec de l’eau. Au coucher du soleil, la rupture du jeûne se fait à base de hrira (balboula à l’orge), dattes, msamen, lait, argan, amlou, graouche (chabakia sans miel). Après la prière du Ichaâ et la séance des taraouih, le dîner est soit un tajine, habituellement de poisson aux olives ou à la patate douce produite localement, soit un tajine de viande de veau ou de chevreau aux petits pois et à l’ognon ou aux carottes…Les enfants qui jeûnent pour la première fois sont vêtus d’habits neufs et fêtés. La journée du 27 Ramadan, il est de coutume d’aller visiter les morts au cimetière. Dans certaines zones, le mois de Ramadan est partagé en 3 parties : les 10 premiers jours (Tin Isane = du chevalier) pour signifier le passage, dit-on vite de ces jours ; les 10 jours suivants (Tin timgharine = des femmes) et les 10 derniers jours du mois de Ramadan (Tin irgazne = des hommes).
A Agadir, le Ramadan, dans l’ensemble, ne sort pas des rites précités, puisque là aussi, la dimension de la dévotion est omniprésente, les soirées pour beaucoup se résument à des heures de prières dans une ambiance de profond respect et de piété. Au niveau de la ville, des activités d’animation (culture, art, sport…) en rapport avec le mois sacré ou non sont légion.
Depuis des décennies et notamment après le tremblement de terre qui a frappé Agadir en 1960, celle-ci a été sujette à de nombreuses influences.
Les Marocains des autres régions y ont élu domicile pour des raisons professionnelles ou personnelles apportant leur lot de culture. C’est ainsi que le Souss est devenu un espace de brassage qui, avec la forte tendance au modernisme de la ville, a fini par émousser la culture locale et de fil en aiguille, par apporter des changements au niveau des rituels du Ramadan, de l’Aïd El Kebir et de l’Achoura, entre autres ».