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QUAND LA MORT S'EN MÊLE ( épisode 1)
Cet article est le premier d'une série littéraire intitulée SURVIVRE (Auteur: Abderrahman El Fouladi , Directeur Maghreb canada Express ) Assis sur ce monticule du Parc Arthur-Therrien de Verdun et contemplant ce bras du fleuve Saint-Laurent qui enlace, depuis une éternité me semble-t-il, l’île-des-Sœurs où les vitres des immeubles flamboient sous le soleil couchant de la région de Montréal, je fais face à un nouveau chapitre de ma vie. Rien dans ce décor serein, rien dans l’écho lointain des rires des enfants, ni dans tous ces bruits rassurants qui montent de la ville avoisinante, rien non plus dans mon attitude n’annonce cette tempête qui me ravage le cœur depuis à peine une demi-heure! Rien ne trahit ma souffrance… si ce ne sont ces deux minces filets de larmes traîtresses, silencieuses que je n’arrive plus à arrêter! Il n’y a pas plus d’une demi-heure j’étais encore un enfant, majeur légalement depuis 24 ans certes, mais un petit enfant quand même! Il n’y a pas plus d’une demi-heure je jouais avec une insouciance, qui caractérise tous les enfants du monde, avec cinq autres enfants: les miens! Tout à coup le téléphone sonne. Le rire encore dans la gorge je décroche. Un déclic caractéristique m’annonce une communication d’outre-mer. Et je n’ai pas eu le temps de réfléchir ni de supposer quoi que ce soit, je n’ai pas eu le temps de terminer les formules d’usage, que mon frère, tout excité, m’annonce la mort de notre père. Et je n’ai même pas eu le temps de prononcer «À Dieu nous sommes et à Dieu nous retournons» que la communication fût coupée! À force d’être bousculé dans ma chienne de vie, j’ai fini par me forger un masque pour faire peur aux étrangers; Un masque qui, maintes fois, m’a fait peur à moi-même quand un miroir me renvoie, sans le lui demander, mon image! La longue soumission de l’enfant chétif a fini par s’incliner devant l’agressivité de l’adolescent puis du jeune homme robuste que je suis devenu fin des années 1960. C’était à la mode de s’insurger contre l’ordre établi dans mon pays d’origine le Maroc. L’ordre établi en ce qui me concerne, c’était aussi l’autorité paternelle. À un moment de ma vie, j’ai estimé que j’ai assez donné côté obéissance au nom des valeurs religieuses et sociales et qu’il est venu le temps où on doit se rendre à l’évidence que je suis devenu un homme qui a une dignité à défendre. Le message était adressé à tous… y compris à mon père. Est-ce pour cela que de l’autre côté de l’océan, en ce mois de septembre 1994, on a jugé inutile de gaspiller quelques dirhams de plus pour ménager, ou pour consoler le «cœur de pierre» que je suis supposé être? Mes enfants se sont arrêtés de rire. Une fois de plus mon visage m’a trahit. Une fois de plus je n’ai pas su cacher mon émotion sous ce masque que la plus petite secousse sur l’échelle sentimentale fait tomber à mes pieds. Et c’est avec inquiétude qu’ils attendent maintenant des explications qui ne viennent pas. La seule expérience de la mort qu’ils ont c’est celle des autres, qui ne touche que superficiellement, ou celle sur écran qu’on passe à coup de pop-corn, de blagues de mauvais de goût ou de sensibleries qui n’empêchent pas de dormir le soir, le cœur et l’esprit ailleurs ! Contrairement à cette mort, qui provoque quelquefois notre compassion, notre pitié ou la peur de notre propre mort; quand elle ne nous laisse pas tout simplement indifférents, la mort d’un proche est tout autre! Quand ce n’est pas le profond déchirement de l’âme, c’est la révolte contre l’absurde qu’elle provoquecar l’Éternel c’est nous d’abord ! Vient ensuite nos proches. L’éphémère, ce sont les autres, tous les autres! Et du coup on accepte que les autres meurent et disparaissent à jamais ! Noble geste de notre part: Nous partageons leur peine… Quand on ne fait pas semblant avec, en toile de fond dans notre subconscient, le sentiment de notre pérennité face à leur existence de papillon! Nous compatissons, nous nous permettons de leur donner des conseils pour supporter leur peine. Nous leur dirons: «Ressaisissez-vous! C’est la loi de la vie! Nous allons tous mourir un jour!». Mais notre subconscient, censure ce «Nous» contre-nature et l’échange contre un «Vous» sécurisant… «Vous allez tous mourir, Alors pourquoi souffrir? Autant accepter cette vérité amère afin de pouvoir se délecter de la vie, de toute votre vie!» … Jusqu’au jour où la mort frappe à nos pieds et fait tomber devant nous un être cher! Point de télécommande pour revenir en arrière, baisser le son ou faire une pause... le temps de se forger une armure! C’est la réalité en direct! L’opération à cœur ouvert sans anesthésie! Inutile de fermer les yeux, de se boucher les oreilles, le bistouri est partout et il taillade en profondeur: Au corps, au cœur et au fin fond de l’âme! J’ai déjà vu la mort frapper de près! C’était d’autant plus horrible que j’étais encore enfant… Presque bébé! J’avais vécu l’événement en direct! Ce n’était pas de la peur que j’avais éprouvé: J’aurais eu peur devant la mort d’un étranger! Car l’horreur de la mort, n’étant filtré par aucun amour ni aucun attachement profond, m’aurait confronté avec ma propre fragilité. Mais c’était ma mère qui était tombée et ce sont des larmes de rage impuissante que j’avais déversé ce matin-là! Depuis, «injustice» signifie pour moi le sentiment éprouvé par un enfant de cinq ans dont la mort vient de ravager le jardin de ses beaux rêves tout en le condamnant à vivre solitaire pour le reste de sa vie! Or un proverbe bien de chez nous dit: «Si tu perds ton père, ton oreiller devient le bras de ta mère. Mais quand tu perds ta mère, ton oreiller devient une pierre!». Allusion au traitement que subit un orphelin de la part de sa belle-mère? J’y reviendrais plus loin. Comment mes enfants vont-ils réagir à la mort de leur grand-père? J’ai préféré plutôt sortir que de vérifier cela tout de suite! Mes pas m’ont conduit ici, dans ce parc de Verdun, face à l’île-des-Sœurs. Les larmes se sont mises à couler quand j’ai pensé : «Me voilà finalement sans père, sans mère! Me voilà tout seul!». Mais ce n’était pas seulement le père que je pleurais: C’était surtout l’Adversaire: Celui qui avait conditionné toute ma vie et avait motivé tout mon comportement face à ses embûches! Depuis ma tendre enfance, il m’avait battu, il m’avait torturé, il m’avait humilié. Il ne s’était même pas arrêté quand je suis devenu majeur, ni quand je suis devenu père à mon tour!… Ce qui m’avait poussé à mettre entre moi et lui tout un océan, en immigrant ici, au Canada! Or, paradoxalement, il m’avait aussi apporté des appuis au moment où je m’y attendais le moins! Il était également le premier à se délecter et à savourer mes victoires même quand elles étaient emportées contre lui, si bien qu’une certaine complicité s’était installée entre nous! Et cela en dépit de ma conduite et de mes convictions, qui vont quelquefois à l’encontre de ses visions politiques et sociales! Conduite et convictions qu’il dénonçait en public, mais qui sont devenues une source intarissable de plaisanteries, nous faisant tant rire entre deux conflits et lui permettant d’alimenter ces veillées avec mes dix-huit frères et sœurs; quand mon absence, de la maison familiale, commençait à lui peser…Ce qui n’allait pas sans jalousies ni intrigues de «harem»! Antoine de Saint-Exupéry écrivait que les embuscades n’ont plus le même goût quand on perd un bon ennemi! J’avais longtemps considéré mon père comme un (bon) ennemi. Depuis, il est devenu l’adversaire, redoutable! Aujourd’hui l’adversaire est mort ! Mais le père vient de naître dans mon cœur; Aussi paradoxal que cela puisse paraître! Comme si cette mort est venue apaiser tant de souffrances, calmer tant de rancœur et exorciser tant de haine! Je ne veux plus blâmer: je veux être source de compréhension! Je ne veux plus condamner: je veux être un océan de pardon! Je veux revivre ce passé dans ma solitude pour en extraire le meilleur des pansements pour ces blessures dont je n’ai pas encore sondé la profondeur! Mais je n’ai pas à revivre mon passé, voilà que mon passé défile devant mes yeux; tel un homme surpris par sa propre mort! Les souvenirs se bousculent, se précipitent, à qui sortir le premier! Suis-je en train de mourir ? Vais-je devenir un mort vivant ? L’alpiniste, quand il atteint le sommet, éprouve une extase infinie semble-il. C’est peut-être parce que le sommet qu’il vient d’atteindre n’est qu’une étape dans sa vie d’alpiniste. Mais qu’adviendrait-il de son extase et de son bonheur si ce sommet est le dernier défi dans sa vie d’alpiniste ? Ou tout simplement, si au bout de son Ascension, il se rend compte qu’il s’est trompé de sommet? Alors il se remettrait à rêver de la chaleur des refuges en bas de la vallée et il commencerait peut-être à pleurer. Puis il se ressaisirait quand il verra à l’horizon le sommet qu’il doit vaincre. Il redescendra prêt à recommencer. Il me semblait avoir lu ça quelque part… Je me suis tellement trompé de sommet dans ma vie! J’ai tellement recommencé l’ascension, convaincu que la prochaine fois sera la bonne! Mais voilà que cette fois-ci, au bout de l’ascension, l’horizon devient tout à coup désespérément vide! Il n’y a plus de sommet: Il n’y a plus que des monticules! Où sont passés les Everest et les Kilimandjaro? Où sont passés mes rêves et mes ambitions? Tout n’est plus qu’illusion et désespoir! Je me tourne vers mon passé pour y puiser la force de recommencer et de continuer ma marche et mon ascension. Mais mon passé ne me montre plus que les doux moments que je n’avais su savourer et les blessures qui n’attendent que cette brusque volte-face du destin pour se remettre à saigner, comme toutes les plaies mal cicatrisées, face au moindre mouvement du corps meurtri! Mon passé! Tu ne m’avais pas permis de te savourer quand tu étais présent, et tu continues de spolier mon présent et de compromettre mon avenir! Le temps n’a donc aucune emprise sur toi ? Il n’a donc fait que glisser sur toi, sans réussir à te remodeler, à t’éroder et à t’assagir? Pourquoi te manifestes-tu seulement pour attiser ma souffrance et jamais pour catalyser mon bonheur? Puisse mon présent être suffisant pour te crucifier sur ces pages afin que je puisse enfin guérir mon âme du torticolis que tu lui as donné à force de trop regarder dans ta seule direction! A. El Fouladi Cet article est le premier d'une série littéraire intitulée SURVIVRE (Auteur: A. El Fouladi) |
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خير الكلام ما قل ودل
arabicmeeting.com
Dernière édition: il y a 2 ans, 3 mois par Jamal El Khaiat.
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(ÉPISODE 2) : LE CALME AVANT LA TEMPÊTE !
Avant ma naissance, mon père avait perdu deux ou trois garçons et il ne lui reste qu’une fille. C’est ce qui expliquerait sans doute la grande joie qu’il a, paraît-il, éprouvé à ma naissance. Aussi, il s’est mis très tôt en devoir de me transformer en homme; convaincu que l’enfance n’est rien d’autre que l’appendicite de la vie, dont il faut se débarrasser au plus vite afin d’éviter des crises mortelles lors de la traversée de ce grand désert qui sépare, selon lui, la naissance de la vie adulte. N’ayant pas eu la chance d’aller lui-même à l’école, Il me plaça très tôt à l’école coranique pour faire de moi un bon musulman d’abord, un érudit ensuite: C’était dans un village minier du nom de Boujniba, situé dans le plateau central marocain; Le plateau des phosphates. J’étais encore si jeune que c’est à peine si je me souviens maintenant d’un après-midi orageux, où un petit enfant effrayé par les éclairs, criait à se faire pourfendre les poumons en courant tout droit vers une vallée encaissée du nom de «Lalla Fatna Bent Ahmed», dans la direction opposée de sa chaumière, poursuivi par une mère pour l’attraper avant qu’il ne fasse un vol plané par-dessus la falaise! Le petit enfant, c’était moi. Je revenais de l’école coranique quand le ciel éclata et sembla tomber sur terre ! N’est ce pas ce genre de panique qu’éprouvent les enfants dans les zones de guerre, quand le vaillance adulte s’exprime à coup de bombes et de grenades ? Mes premiers vifs souvenirs ne remontent qu’à l’époque où nous vivons dans un douar du nom d’Oulad Mbarek, situé au piedmont de l’Atlas, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Béni Mellal et à 144 kilomètres à l’est de Marrakech. C’était un douar mi-arabe, mi-berbère, preuve (ne serait-ce que pour moi en tout cas) que dans les veines de chaque marocain, il y a du sang amazigh qui coule et que chaque marocain arabe n’est qu’un berbère arabisé. Bien sûr, on peut être contre (…) A Oulad M’barek, le brassage ethnique va bon train. La plupart des hommes cherchent leur seconde moitié dans les montagnes avoisinantes, peuplées de berbères bien sûr. Ceci s’expliquerait par la dote relativement peu élevée, exigée par les familles berbères, par la beauté des jeunes filles et surtout par la résistance et le fatalisme de cette ethnie face aux exigences de la vie rustique menée au village. Fait curieux: Je ne connais aucune femme du douar qu’on a exporté par la force du mariage aux montagnes voisines! Ma mère est berbère. Elle est arrivée la première. Mon père s’est remarié et elle est restée. Aussi, quand j’ai ouvert les yeux sur le monde qui m’entoure, je me suis trouvé le plus naturellement du monde avec deux mères qui, oh coïncidence, ont le même prénom! Je me suis également trouvé avec un oncle très gentil, sa femme qui est aussi ma (vraie) tante (c’est la jeune sœur de ma mère), leur fille, ma cousine (une créature mi-ange mi-démon comme nous allons le voir), une sœur et une demi-sœur qui est arrivée au monde juste après moi. Mais, parait-il, elle n’a pas fait sensation car elle n’était que… fille! Et la personne la plus déçue de tous par son arrivée ne fut pas mon père, mais sa mère qui voit la lignée de la famille glisser du côté de ma mère. Malgré tout, ce petit monde vit en pleine harmonie (selon ma propre perception) dans la même maison de pisé, semblable aux dizaines de maisons qui constituent le douar et dont les murs extérieurs sont couverts de rameaux de jujubier pressés afin de prévenir tout effritement de l’argile sous l’action des fortes pluies. Ce qui caractérise un douar en général, c’est le fait que ses habitants sont tous plus ou moins cousins. Le Berrani (étranger) est une denrée rare qui se greffe mal dans cette micro société. Aussi, le seul Berrani qu’on tolère bien dans un douar est le Fquih (maître d’école coranique et imam de la mosquée). Pour ceux qui ne le savent pas, douar «Oulad M’barek» signifie Douar des «fils de M’barek». Ce qui expliquerait cette solidarité (faisant maintenant partie de l’histoire) qui se manifeste lors des travaux agricoles, lors des querelles entre clans rivaux du même douar pour tuer le temps, pour maintenir éveillée son agressivité, ou tout simplement pour attaquer un douar ennemi ou se défendre contre les attaques d’un autre. Vers la fin du 19ième siècle, quand le Maroc vivait en pleine anarchie (Siba), notre douar a failli disparaître suite à une attaque du Douar voisin (Oulad Ayad) provoquée par une histoire de bagarre entre deux larrons. Et si ce n'était l’intervention du marabout de la région accompagné des sages( il y en avait) d'un autre douar, je ne serais pas ici à vous raconter tout ça ! Ceci, est chose du passé. Maintenant on fait les choses aux douars dans les règles: Quand on a un compte à régler avec quelqu’un on le fait, tout seul, à coup «d’avocats et de tribunaux». Ça fait aussi mal que de faire d’ailleurs ses labours et ses moissons tout seul ou à coup d’ouvriers (qu’il faut maintenant payer) ou de machines agricoles qu’il faut soit acheter, soit louer. Pour revenir au début de ces années 1950, les tribus ne se battent plus entre elles. Je ne sais pas si c’est le triomphe de la politique de «pacification» de l’occupant français ou si c’est le résultat d’une prise de conscience généralisée. Quelle qu’en soit la raison, les Marocains, au début de cette décennie, ne se battent plus que pour se libérer du joug du colonialisme français. Mon père ne fait pas encore partie du monde qui m’entoure car il est de ceux qui ont décidé que l’ennemi actuel c'est le colon français. Cependant, à peine a-t-il milité dans le mouvement nationaliste, que le voilà enfermé entre quatre murs d’une prison de Khouribga, la capitale des phosphates, située à quelques 13 Kms de Boujniba, ce village où j’ai découvert les joies de la course sous le stimulus des éclairs et des coups de tonnerre! Il a eu juste le temps de nous conduire, de nuit, à Oulad M’barek, de creuser une cachette, dans le mur de pisé de la maison, d’y cacher un petit revolver de calibre 9 mm et une boîte de 50 cartouches, et de retourner à Boujniba s’y faire arrêter par la gendarmerie française! Quant à la cachette, elle fut oubliée. Il a fallut que le mur s’effondre, au milieu des années 1960, pour qu’on puisse tomber sur le trésor. Ah ce pistolet! Quelle stupidité ! Mais c’est un peu tôt d’en parler! Pour le moment, restons au début de ces années 1950 où le Maroc vient de rentrer en ébullition... Une fois de plus ! Et la politique de pacification initiée par le maréchal Lyautey au début du siècle commence à connaître des ratés. Le maréchal doit se retourner dans sa tombe car sa stratégie de «tache d’huile», basée sur le clivage ethnique , sur l’aura de quelques notables ou de marabouts comme celui qui a sauvé notre douar, cette stratégie qui avait permis de contrôler le Maroc quelques années auparavant, en jouant sur les rivalités et la naïveté tribales semble maintenant avoir échoué ! Lyautey est entré au Maroc par l’Algérie, au nom de la France, avec le prétexte de rétablir le pouvoir du Roi sur ses sujets et de doter le Maroc d’une administration moderne pour faire face à la dissidence et l’anarchie (Siba). Mais il mena une guerre coloniale pareille en vue, entre autre, de mettre un terme à l’appui des marocains à la dissidence algérienne. Une guerre qui fut facile dans les plaines où la puissance de feu de l’armée française a vite fait de décimer les résistants qui avaient la mauvaise habitude de charger avec leur cavalerie les lignes françaises bien défendues avec des mitrailleuses et de canons de différents calibres. «À vaincre sans péril»… on triomphe sans ennuis ! Ce fut presque une promenade pour les officiers et un exercice de tir pour la troupe. Les tribus des plaines déposent les armes les unes après les autres et l’état major recrute à tour de bras parmi les autochtones qui souvent ouvrent la marche de l’armée française… Ce fut le cas hélas de la tribu des Béni Moussa (la nôtre) qui a même fait le coup de feu contre les tribus berbères avoisinantes. Grosso modo, les troupes autochtones ouvrent le bal, allumées par les embuscades dressées par les berbères. Vient ensuite la légion étrangère puis les troupes régulières pour achever la besogne. Mon deuxième oncle, que je n’avais jamais connu, faisait partie de l’une de ses colonnes autochtones. Il perdit la vie quand sa compagnie (tous des marocains, excepté l’officier) tomba dans une embuscade en pleine montagne. Il fut le dernier à être capturé par les frères ennemis (mes oncles maternels). Quand ces derniers, contre qui il a vidé toutes les bandes de son fusil mitrailleur de calibre 12,7 sont arrivés, ils ont allumé un grand feu et ils l’y ont tout simplement précipité vivant! De loin, d’autres militaires français et marocains ont assisté au barbecue sans pouvoir ou sans vouloir intervenir. La famine sévit ces temps-ci dans la tribu et il n’y a pas à manger pour tout le monde. Il n’y a même plus à manger que des racines paraît-il. Mon grand père chasse mon père qui se tape quelques 300 kilomètres à pied jusqu’à Fès où il est allé élargir le cercle des hommes à tout faire qui n’ont pas tant que ça à faire et qui finissent par élargir les rangs des mendiants de la ville. Après quelques nuits passées à grelotter de fièvre sous ses guenilles dans la ville sainte, et quand sa constitution physique a eu finalement le dernier mot contre la maladie, il se dirige vers Taza pour aller demander un peu d’argent à son frère. Devant la caserne, on lui apprend que ce dernier est en campagne et on lui prose de s’engager. C’est ce qu’il fait... Pour déserter quelques semaines plus tard quand la colonne de mon oncle retourne à la caserne et quand il apprend la mort de son frère. Des enquêteurs de l’armée française sont venus au douar chercher un certain Abdellah Ben ... Mais des Abdellah Ben ... il y’ en avait à la pèle dans tous les «Oulad X» des parages et d’ailleurs. D’autant plus que le nom de famille n’existe pas encore: On ne porte alors qu’un amalgame de prénoms: Le sien, celui du père et éventuellement celui du grand-père. Les prénoms étant séparés par le mot «Ben» qui signifie «fils»au singulier; «Oulad» étant l’un des pluriels de «Ben». Il y’ a aussi cette solidarité ancestrale entre gens du même clan qui a peut-être poussé le chef du douar «Cheikh» à mentir à ses maîtres Français et à nier l’appartenance, au douar, de mon père. Une fois parmi les siens, ce dernier fait face à la réalité quotidienne qui se résume en un seul mot: Misère! La sécheresse perdure. Pas de blé, pas de troupeau et plus de solde de mon oncle décédé! Mais les Français ont découvert les phosphates dans la région de Khouribga ! Mon père y accourt et se fait embaucher pour un salaire de misère. Pour la famille c’est une fortune. Et chaque quinzaine mon oncle (celui qui nous prend maintenant en charge durant l’emprisonnement de mon père) se pointe pour prendre presque la totalité de la paie de mon père et pour revenir l’investir à Oulad M’barek… Du moins c’est ce qu’il est supposé faire ! Mon père m’a raconté qu’en ces temps-ci, il se contentait de croquer des pois chiches. Un jour, mon oncle se pointe avec du pain d’orge. Mon père se jette sur la galette et passe les pois chiches à son frère. Il m’a juré que ce pain fut pour lui l’un des plus délicieux des festins de sa vie! Je te crois mon Père! D’autant plus que moi aussi j’ai éprouvé plus tard la même sensation! C’était pour une raison, sur laquelle je reviendrais peut-être plus tard! J’étais obligé de me taper à pied plus de 50 kilomètres en plein montagne après avoir épuisé tout mon argent mais pas toute ma dignité. Aussi, au lieu de faire de l’auto-stop, pour rentrer, j’ai décidé de marcheren suivant la route d’Azilal-Afourar (Région charnière entre les chaînes montagneuses du haut et du Moyen Atlas). Le trafic était rare et les clients pour les taxis et les cars l’étaient davantage! Or tout véhicule se transforme, dans cette région, en taxi ou en autobus! Et sitôt que le chauffeur aperçoit un être vivant au bord de la route, il ralentit et déclenche son klaxon! Afin de décourager les plus enhardis de ces chasseurs de voyageurs, et sitôt que j’entends un véhicule s’approcher, je m’éloigne de la route de quelques dizaines de mètres, cache mon petit sac à linge, glisse mes mains dans mes poches et me met à admirer le paysage qui était le dernier de mes soucis! Et pourtant le paysage est à couper le souffle! Mais pour le moment je suis beaucoup plus occupé à détecter ce qui se passe dans mon dos qu’à me délecter du charme qui s’offre à mes yeux ! Comment ? L’effet Doppler ! Le bruit d’un véhicule qui s’approche va en augmentant pour atteindre le maximum en passant sur la perpendiculaire allant de votre position à sa trajectoire. Quand le bruit commence à diminuer, je me retourne pour rejoindre l’asphalte et continuer ma marche ! Un musulman croit que s’il étanche la soif d’un voyageur, Dieu lui évitera la soif, le jour du jugement dernier. C’est pour cela, que des mains charitables posent le long des routes des gargoulettes remplies d’eau. Et il faisait tellement chaud ce jour là! Quand ma soif atteignit son paroxysme, j’aperçus une maison à l’écart de la route. Je décidais d’aller rappeler aux occupants ce devoir divin, quitte à affronter la meute de chiens dont n’oublie jamais de s’entourer tout campagnard qui se respecte, pour assurer la sécurité de sa maison! Une fois à la hauteur du sentier, qui mène à la maison, j’aperçus, contre le tronc d’un amandier une gargoulette entourée d’ un morceau de lin mouillé et coiffée d’un gobelet! Tout près de la gargoulette, jouait un petit garçon à se salir les mains dans une poussière aussi fine que de la farine. Je vide un gobelet puis un autre tout en haletant. J’ai fini par m’asseoir et par me tourner vers le garçon qui me regarde fixement. Je lui demande en arabe s’il va bien. Il me répond en berbère si j’ai faim. Oui, j’ai faim. Alors il me demande si je veux du pain. Bien sûr que je veux du pain! Il part en courant et il revient avec un grand morceau de pain d’orge ! Je me rappelle encore ce goût de miel que j’ai trouvé à ce morceau de pain et de tout le plaisir que j’ai eu à le mastiquer en l’accompagnant d’eau fraîche, versée de la gargoulette, sous le regard bienveillant du petit garçon mal habillé, salemais qui, sous le charme de la reconnaissance, est pour moi le plus grand des princes! Aujourd’hui il m’arrive (quelquefois) de manger dans des restaurants chics avec des gens chics, des mets finement préparés. Mais le plus souvent, je ne fais même pas attention à ce que j’ingurgite! Au fait, c’est qui le plus à plaindre? Celui qui n’a que peu de chose ou celui qui a toutmais qui n’est même pas conscient du trésor qu’il a sous la main ? Ce ne serait certes pas la réponse à cette question qui préoccupe mon père en regardant son frère croquer ses pois chiches. Il vient de trouver du travail. Il commence à se faire de l’argent, beaucoup plus que n’importe qui au douar. Or quoi de mieux pour extérioriser sa richesse que d’avoir plusieurs femmes? Il se marie donc une deuxième fois. Mon oncle tient également à extérioriser la richesse de la famille. Mais au lieu de prendre une deuxième femme, il achète un cheval devant qui je suis maintenant tout émerveillement ! Une bête superbe et mon oncle paraît comme un roi sur son dos. Je m’en souviens d’autant plus qu’il m’a marqué pour la vie. Je veux dire physiquement: par une vilaine cicatrice que je porte toujours sur l’un de mes doigts! Ce n’était pas exactement le cheval le coupable, mais plutôt le crin noir de sa queue. Je m’amusais à tirer la queue du chat de la maison: cela le mettait hors de lui et cela me faisait tellement rigoler! Puis un jour le démon qui guide tous les enfants du monde vers les jeux dangereux me suggère que l’amusement pourrait être proportionnel à la taille de la victime! Je fus vite convaincu et je n’attendais que l’occasion! Celle-ci se présente un jour de fantasia: mon oncle tient le cheval devant le lourd battant de la porte de la maison et fait les dernières vérifications avant de se mettre en selle. Le cheval vient de reculer et le crin de sa queue s’est approché du mur et du grand pilier de bois sur lequel pivote le battant. C’est le moment ou jamais de faire danser mon «mastodonte de chat»! D’autant plus que je me crois en sécurité derrière le battant. Je glisse promptement ma main, entre le mur et ce dernier et attrape le crin. Mais avant de le ramener complètement vers moi, mon oncle à son tour tire pour fermer la porte ! Je retire promptement ma main mais trop tard: Le pivot du battant qui n’était pas tout à fait rectiligne m’écrase le doigt contre le mur ! Une sirène de pompiers n’aurait pas fait autant de bruit ce jour là! Je ne sais pas si le cheval a sursauté (ne serait-ce qu’en m’entendant hurler) mais une chose est certaine: Tout le monde à la maison accourt vers la source sonore. Tous veulent estimer les dégâts! Tous y vont avec leurs suggestions pour me soigner! Ma mère crie plus fort que moi en s’arrachant les cheveux, si bien que tous les cousins du voisinage accourent supposant le pire! Je fus «submergé par le nombre» et j’ai fini par me taire quand on a pansé mon doigt avec un morceau de tissu à la propreté douteuse. Mais ce n’est que partie remise. Car plusieurs nuits de suite, j’ai empêché plusieurs de dormir… Surtout ma mère! Mon doigt a enflé démesurément et la fièvre est venue compliquer les choses. Après quelques jours l’ongle a commencé à se détacher et le pus s’est installé tout autour. Le moindre contact me fait horriblement mal! Voyant mon état s’aggraver, ma mère décide de me faire subir une opération chirurgicale. On m’emmène chez un vieux cousin cordonnier, serrurier, coiffeur de fortune et également arracheur de dents pour accomplir le forfait. Mon accident va lui conférer, en plus de ces spécialités, le titre de chirurgien de la tribu! Il nous rejoint au milieu du douar avec une paire de ciseaux de fabrication locale et, si mes souvenirs sont bons, avec une grosse aiguille et un bistouri de fortune. Sitôt le bonhomme entre dans mon champ visuel, j’échappe à ma mère et entame une fuite en avant. Mais les gens, accroupis à côté de la mosquée vers lesquels je m’enfuis à la recherche d’une protection, s’emparent de moi et me ramènent devant mon bourreau. Il faut dire qu’on manque de distraction dans le coin et je viens d’en fournir aujourd’hui une de choix! Je suis vite maîtrisé. Le chirurgien malgré lui coupe l’ongle. Et comme je me débats comme un agneau qu’on veut égorger, il coupe en même temps une partie de la chaire (comme en témoigne la cicatrice que je porte toujours). Il enfonce ensuite son aiguille dans l’abcès qui gicle. J’entends au milieu de mes cris de martyre quelqu’un jurer. Il a dû se placer là où il ne fallait pas! Tant pis pour lui et tant mieux pour moi: Je viens d’achever mon premier test de sélection naturelle avec succès! Pas de complication et surtout pas de tétanos! Il y’aura d’autres tests qui seront également passés avec succès: La preuve c’est que je suis là, en train de rédiger ces lignes. Malgré tout, je commence à apprécier la présence des miens, à reconnaître leurs visages et à sélectionner mes compagnons. Pour le moment c’est ma mère qui retient le plus mon attention. Vient ensuite mon oncle, ce samaritain qui a toujours pour moi, caché dans saChoukara(1), une amande, une figue sèche, une datte et même quelquefois un bonbon; cette denrée rare qui vient d’un monde aussi mystérieux pour moi que lointain et qu’on appelle respectueusement «ville». Mais ma préférée dans ce monde qui m’entoure est sans doute ma cousine. Nous sommes pratiquement inséparables et c’est grâce à elle que j’ai commencé à explorer les alentours si loin, tellement loin que nous avons pu atteindre la route principale qui sépare le douar en deux parties dissymétriques. Plus tard je découvre que la distance entre la maison et cette route ne dépasse guère les 150 mètres et que les monstres furieux qui la parcourent en rugissant ne sont guère des monstres préhistoriques, comme veulent nous le faire croire les adultes pour nous tenir à l’écart du sillon noir, mais juste des véhicules automobiles! Pour le moment, ces machines ne sont justement pour moi autre chose que des monstres issus de ces légendes dont nous gavent les femmes, le soir, avant de nous endormir. Mais chaque jour, la peur aux tripes, je demande à ma cousine d’aller admirer de plus près ces bêtes qui semblent ne s’intéresser qu’à leur course et jamais à nous avaler comme c’était souvent le cas dans les contes du soir! Or voilà qu’un beau jour l’une de ces bêtes, sans doute la plus grosse de toutes, réduit sa vitesse et son rugissementet... semble vouloir s’arrêter ! Que lui arrive-t-il ? A-t-elle soudain faim et veut faire une dérogation à la règle qui régit son univers; Celle de ne jamais avaler quelqu’un qui se tient loin de son sillon noir ? Ni moi ni ma cousine ne tenons à nous en assurer. Nous avons pris nos jambes à nos cous pour ne nous arrêter qu’une cinquantaine de mètres plus loin. Comme notre curiosité est plus forte que notre peur, nous avons tenu à savoir ce qui va arriver. Nous nous sommes donc arrêtés et avons tourné la tête vers la route. La bête est maintenant immobile et son rugissement est plus doux. Un homme en sort et reste confiant à côté. Puis un autre homme sort et grimpe sur le dos de la bête qui parait plus docile que le cheval de mon oncle! L’homme sur le dos tend un couffin à celui qui est en bas, puis descend s’engouffrer à nouveau dans l’antre de la bête qui repart en rugissant, plus fort que d’habitude. Mais plus elle reprend de la vitesse, plus son grondement redevient normal! Une foule de cousins se forme aussitôt autour de l’inconnu qui vient de sortir de l’antre de la bête. Des embrassades, des étreintes et des larmes! Mon oncle était de ceux qui ne veulent pas lâcher l’inconnu et semble interdire aux autres de le bousculer! Pour ma cousine et moi, l’inconnu est un héros qui a fini par subjuguer et vaincre le monstre. Mon oncle nous aperçoit. Il nous crie de nous approcher pour embrasser la main de l’inconnu qui n’était autre…que mon père! Premier exploit: Mon père est là. Il vient de sortir de prison, alors que pour les gens, il fut condamné à vie sinon fusillé par les Français! Deuxième exploit : Mon père est la première personne que je vois dans ma vie arriver au douar autrement que sur le dos d’un âne, d’une mule ou d’un cheval! Mon père est sûrement quelqu’un! Un jour je serais comme lui: Je monterais dans l’antre de la bête pour aller découvrir, euh… tout d’abord ce qu’il y a derrière ces montagnes qui me paraissent toucher le ciel quelque part; Je serais un grand aventurier! Après ce jour, le rythme de ma vie s’est un peu accéléré. Les événements deviennent de plus en plus nombreux et le douar semble ne plus être le havre de paix qu’il était! La technologie rentre avec éclat dans notre maison (et par la même occasion au douar) grâce à une machine à coudre acheté par mon père qui, faute d’occupation, s’improvise couturier. Décidément mon père grandit de plus en plus dans mes yeux ! Je plains maintenant ceux et celles qui se sont faits habillés par ce couturier d’occasion. Il faut cependant reconnaître que personne ne s’est jamais plaint de la machine de mon père, excepté moi qui avait failli y laisser un doigt (encore un autre!). Mais là encore c’est entièrement de ma faute! L’accident est arrivé un jour où mon père était très concentré sur son ouvrage et moi sur cette vie diabolique qui semble animer les entrailles de la machine. La tentation de toucher de près ces tiges métalliques, qui tournent tellement vite, l’a emporté sur ma peur et ma méfiance naturelles. Je plonge donc mon doigt dans le trou par lequel j’apercevais le mouvement infernal et, sur-le-champ une douleur insupportable me lancine le corps tout entier! Mon doigt fut retiré aussi vite qu’il fut introduit et, sur-le-champ, je pris mes jambes à mon coup et continue ma course à l’extérieur de la maison. Quand je juge la distance suffisamment grande entre moi et mon père, je me mis à hurler comme seuls les enfants de mon village savent le faire! Ma cousine arrive la première. Elle a tort de le faire! Car, quand les adultes arrivent à leur tour, elle s’est vue accusée du«crime», condamnée et punie sévèrement sur le champ! Je ne peux rien pour elle car d’une part la sentence a été appliquée sitôt qu’on a constaté les dégâts qu’avait subit mon doigt et, d’autre part, j’étais plutôt occupé à crier en vue de soulager ma douleur! Par ailleurs, le fait d’avouer la vérité n’aurait servi qu’à me faire servir quelques gifles et ce, pour avoir introduit le doigt là où il ne faut pas. En plus, on m’aurait sûrement servi un petit supplément pour calmer ma cousine qui vient d’être injustement punie. Ajouter à cela, le fait que je commence à me méfier sérieusement des adultes qui m’entourent. J’avais appris surtout qu’il est malsain de leur donner l’occasion de sortir de leur torpeur, dans ce bled à demi perdu! Malgré toutes ces justifications, je viens de découvrir un nouveau sentiment: Le remord! Cet incident a jeté un certain froid sur mes relations avec ma cousine. Mais comme les enfants sont connus pour leur oubli (et non pour leur pardon), nous nous trouvâmes à nouveau ensemble, essayant de notre mieux de meubler tout ce temps que les adultes, trop occupés à ne rien faire, nous laissent durant toute la journée… Et dont le destin nous fait cadeau avant qu’il ne se mette bientôt en devoir de changer notre petit paradis en enfer ! Par A. El Fouladi (1) Choukara: une musette en cuir travaillé que les hommes portent en bandoulière et dans lequel ils mettent leur argent ainsi que certains outils. À SUIVRE POUR LES AUTRES ÉPISODES. |
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Ce texte reflète d’une manière claire et sans nuage l’authenticité de notre culture et la dignité de notre marocanité, aussi il jalonne sincèrement une portion de notre histoire. On qualifie souvent à la vie qu’elle est « belle » , mais dans la pratique c’est une autres chose, car sa forme est statuée par dieu et par la nature sous une forme mathématique : la vie est un segment de droite qui - par définition - à un commencement et une fin , et pratiquement toute chose qui à une fin n’est qu’un jouet dans la nature employé par les uns pour faire plaisir aux autres. Mais la vie est belle pour ceux ont laissé derrière eux des indices pour rendre l’être humain heureux .
En ce qui concerne l’auteur du présent article, je suis très fière de déclarer devant tout le monde que Monsieur Abderrahman El-Fouladi est l’un de mes grands amis sur terre et que je n’oublierai jamais, j’affirme aussi que c’est l’un des meilleurs topographes ( topographie, cartographie et photogrammétrie ) marocains que j’ai connu à la DCFCC de Rabat à l'époque ( l’ANCFCC actuelle ). En plus, je témoigne que ce grand Monsieur était très loyal à la devise du royaume (Dieu – Patrie – Roi ) malgré les problémes injustes qu’il a eu avec ses chef dans le temps . Cher ami Abderrahmane je te salut. Voisi le CV de ce grand Monsieur tel que je l’ai copié du net Abderrahman El Fouladi FORMATION ACADÉMIQUE Ph.D. (Géographie: Climatologie) Thèse : " Hausse du niveau moyen relatif de la mer (à Trinidad, Caraïbes): Évidence, causes probables et évaluation". Université de Montréal, Département de Géographie, Montréal, (Québec) Canada. M.Sc en GEOGRAPHIE (SIG) (Mémoire: “ Systèmes d’information Géographique et développement du réseau routier du Rif, au Maroc, dans le contexte de la liaison fixe Europe-Afrique ”, Université de Montréal, Département de Géographie, Montréal, (Québec) Canada. B.Sc en GÉOGRAPHIE (Environnnement) Université de Montréal, Département de Géographie, Montréal, (Québec) Canada. Baccalauréat Type D Baccalauréat de l’enseignement du second degré Lycée Descartes (de l’académie de Bordeaux, France), Rabat, Maroc. DIPLÔME D’HYDROGRAPHE Cat. B US Naval Oceanographic Office, Stennis Space Center, Bay St-Louis, Mississippi, U.S.A. CERTIFICAT de TECHNICIEN SUPÉRIEUR EN CARTOGRAPHIE École Nationale des Sciences Géographiques, Saint Mandé, France. DIPLÔME D’ADJOINT TECHNIQUE TOPOGRAPHE École de Génie Rural et de Topographie, Meknès, Maroc. BOURSES OBTENUES Mars- octobre 1988: Bourse du “ Moroccan United States Liaison Office ” (Department of the Navy, USA) en vu d’une formation en hydrographie au “ Stennis Space Center, Mississipi, U.S.A.) et d’un stage sur la production des cartes marines et de cartes spéciales à la “Defense Mapping Agency ” (DMA), Washington D.C., U.S.A. Mai-Juin 1986: Bourse de l’Agence Canadienne du Développement International (ACDI) en vu d’accomplir un stage sur la production des cartes marines. Ce stage s’est effectué au Service Hydrographique Canadien (SHI), à Ottawa, Canada. 1975-1977: Bourse du Ministère de la Coopération du gouvernement français en vu de poursuivre le programme du cycle “ D ” (technicien supérieur cartographe) de l’école Nationale des sciences Géographiques à Saint-Mandé (France). PUBLICATIONS AVEC JURY Abderrahman El Fouladi et D. Marceau (1999): Optimisation d’un corridor routier dans la région du Rif, au Maroc, dans le contexte de la liaison fixe Europe-Afrique, à l’aide d’un SIG, le Géographe Canadien, 43, n°3 (1999) pp. 287-303, Publication de l’Association canadienne des géographes. SINGH, B., A. El FOULADI and K. RAMNATH, 2007, Vulnerability Assessment of the Oropuche Field of PETROTRIN, Trinidad, to climate-driven sea level rise. World Resource Review. Vol. 19:183-212. LIVRES ET MANUSCRITS SINGH, B, EL FOULADI, A. and Ramnah, K.. (2008). Vulnerability Assessment Survey of oil and gas facilities to climate-driven sea level rises and storm surges on the west coast of Trinidad. WIT transactions on Information and Communication, Vol 39,. 10 pages. SINGH B., A. El FOULADI and K. RAMNATH (2006). Vulnerability Assessment of the Port and Coastal Infrastructure Facilities of TRINMAR, on the Gulf of Paria, Trinidad, to Sea Level Rise. Coastal Environment 2006:C.A. Brebbia,. Editor. WIT Press. SINGH B. and A. El FOULADI (2003). Coastal erosion in Trinidad in the Southern Caribbean: probable causes and solutions. Coastal Engineering 2003:C.A. Brebbia, D. Almorza and F. Lopez. Editors. WIT Press, Section 6 : 397-406. CONTRIBUTION À UN OUVRAGE COLLECTIF 1. Préparation des communications nationales des pays suivants signataires de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques : GUYANA: B. Singh and A. El Fouladi, Chapter on GHG Inventory, February 2000, 27 p. B. Singh, C. Bryant and A. El Fouladi, Chapter on Vulnerability and adaptation, February 2000. 32 p. ANTIGUA & BARBUDA B. Singh and A. El Fouladi, Chapter on GHG Inventory, December 2000, 18 p. 2. Rédaction des cartes et de certaines illustrations des volumes suivants : Association des Auteurs Marocains pour la Publication (1989) , Encyclopédie du Maroc, Salé, Maroc, Vol. 1, 350 p., Vol. 2, pp. 351-700. Association des Auteurs Marocains pour la Publication (1991) , Encyclopédie du Maroc, Salé, Maroc, Vol. 3, pp. 701-1046 ., Vol. 4, pp. 1047-1396. AUTRES PUBLICATIONS SINGH, B. and A. El FOULADI (2000) (Rev.). A Step-by-Step Methodology for Calculating Greenhouse Gas Inventories using the IPCC Guidelines. Training Manual, 231p. SINGH, B. and A. EL FOULADI (2001), Simplified Methodologies for Calculating Greenhouse Gas Inventories Using the IPCC Guidelines. Training Workshop Manual, Climate Change Institute: PETROTRIN, Pointe-è-Pierre, Trinidad, July 2 to 6, 2001, 282 p. SINGH, B. and A. EL FOULADI (2002). Inventory of Greenhouse Gases: PETROTRIN. Draft Report, Climate Change Institute: PETROTRIN, Pointe-è-Pierre, Trinidad, October 14 to 25, 2002, 65 p. SINGH, B. and A. EL FOULADI (2004). Vulnerability Assessment Study for the Relocation of PETROTRIN TRINMAR’S operations marine base to the Mt. Pellier Estate. Final Report, Climate Change Institute: PETROTRIN, Pointe-è-Pierre, Trinidad, August, 2004, 179 p. SINGH, B and A. EL FOULADI. (2004). Phase 1 Vulnerability Assessment Study for Exploration and Production Development Works in the Oropuche Field. Climate Change Institute, Petrotrin, 94 p. SINGH, B and A. EL FOULADI. (2005). Phase 11 Vulnerability Assessment Study for Exploration and Production Development Works in the Oropuche Field. Climate Change Institute, Petrotrin, 222 p. SINGH, B and A. EL FOULADI. (2005). Phase 1 Vulnerability Assessment Survey for the Pointe-a-Pierre Foreshore Area. Climate Change Institute, Petrotrin, 118p. SINGH, B and A. EL FOULADI. (2006). Phase 11 Vulnerability Assessment Survey for the Pointe-a-Pierre Foreshore Area. Climate Change Institute, Petrotrin,. 253p. SINGH, B and A. EL FOULADI. (2007). Detailed Vulnerability Assessment Survey and Storm Surge Modelling of the West Coast of Trinidad: Vessigny to Cap-de-Ville Quadrant. Climate Change Institute, Petrotrin,. 452p. STAGES RELIÉS AUX ÉTUDES Juillet 1976 et Juillet 1977: Levés topographiques directs, basés sur une triangulation et une polygonation, graphiques, en vue de la cartographie d’une région déterminée, ou du complètement d’une carte existante. Juillet-Août, 1972 : Travaux cadastraux et techniques de remembrement. PERFECTIONNEMENT 27 novembre 1998 : Ateliers offerts par l’Université de Montréal, Direction des ressources humaines - Division développement individuel et organisationnel; Titre de l’atelier: L’enseignement magistral: un art et une science. Titre de l’atelier: L’enseignement au groupe masse. Octobre 1988 : Conception et rédaction des cartes marines et de certaines cartes Spéciales, Defense Mapping Agency (D.M.A). Washington, U.S.A. Mai à Juin 1986 : Conception et Rédaction des cartes marines Service Hydrographique Canadien, Ottawa, (Ontario), Canada. EXPÉRIENCES DE TRAVAIL Depuis 2002: Consultant en climatologie. Différentes études de vulnérabilité face aux changements climatiques (notamment l’impact de la hausse du niveau moyen de la mer sur les régions côtières) impliquant des modèles de circulation atmosphérique et océanique, des données géomatiques, géophysiques et socio-économiques et utilisant la modélisation à l’aide des systèmes d’information géographique. 1999 – 2001: Chercheur associé, 1. B. Singh, A. Khan and El Fouladi, Training Workshop on Greenhouse Gas Inventory, Adaptation and Vulnerability and Mitigation, Government of Guyana, 18th to 22nd October 1999, 22 Participants. 2. B. Singh and A. El Fouladi, Training Workshop on Greenhouse Gas Inventory, Government of St. Lucia, January 10th to 14th 2000, 11 participants. 3. B. Singh and A. El Fouladi, Training Workshop on Greenhouse Gas Inventory, Government of St. Kitts & Nevis, June 10th to 14th 2001, 11 participants. 4. B. Singh and A. El Fouladi, Training Workshop on Greenhouse Gas Inventory, Government of Dominica, March 12th to 16th 2001, 11 participants. 1998 -1999 : Chargé de cours Cours donnés : Géographie et environnement. Projections cartographiques. Université de Montréal, Département de Géographie, Montréal, (Québec) 1996 -1999: Assistant de recherche Laboratoire de climatologie, département de géographie, Université de Montréal. 1990 à 1991 : Conseiller de l’Ingénieur général, chef de la division de la cartographie, Direction de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie (DCFCC), Rabat, Maroc. * Participation à la politique et à la planification de la production; * Contrôle des travaux en cours de réalisation; * Contrôle de la qualité des produits cartographiques. 1982 à 1990 : chef du bureau de la cartographie marine (DCFCC), Rabat, Maroc. * Planification, compilation et rédaction des cartes marines nationales. 1979 à 1981 : Chef du bureau de complètement et de révision des cartes de base, (DCFCC), Rabat, Maroc. *Complètement des levés photogrammétriques, par des opérations topographiques de terrain et recueil de la toponymie; *Planification et réalisation de la mise à jour des cartes topographiques. 1977 à 1979 : Chef du bureau des travaux spéciaux (DCFCC), Rabat, Maroc. * Réalisation des travaux cartographiques urgents destinés à la Défense Nationale ou à d’autres organismes gouvernementaux (Cartes thématiques, documents de reconnaissance, photomosaïques redressées et renseignées, levés topographiques expédiés...). 1973 à 1975 : Chef de mission (DCFCC), Rabat, Maroc * Campagnes de reconnaissance, de matérialisation et d’observation des points de triangulation et de polygonation de précision. SÉMINAIRES - COOPÉRATION INTERNATIONALE Octobre 2002 : Trinidad : Séminaire sur l’évaluation des gaz à effet de serre produits par la société nationale des pétroles de Trinidad PETROTRIN. Conférencier Juillet 2001 Trinidad : Séminaire sur les changements climatiques pour les cadres de la société nationale des pétroles de Trinidad (PTROTRIN). Conférencier. juin 1999 : Chine : Séminaire sur la gestion de l’eau en Chine (Pékin) sponsorisé par l’ACDI, dans le cadre de la coopération sino-canadienne entre des universités chinoises et canadiennes . (Conseiller en Systèmes d’Information géographique pour la délégation de l’Université de Montréal). Mai 1996 : Mexique : Réalisation d’un système d’information géographique, pour le compte de l’université nationale autonome de Mexico, en vue du monitoring de la pollution par les métaux lourds des cours d’eau du pays. BÉNÉVOLAT Fondateur, producteur, directeur de publication et éditorialiste, depuis juillet 2003, du journal « Maghreb Canada Express », publié à Montréal (Québec) Canada, à l’intention des ressortissants maghrébins installés au Canada ainsi qu’à l’intention des canadiens de différentes origines s’intéressant aux pays du Maghreb. Site WEB : www.maghreb-canada.ca |
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Dernière édition: il y a 2 ans, 4 mois par Moulay Ali.
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C'est étonnant, il écrit très bien. D'après Jamal, c'est une histoire vrai ( sa vie).
J'ai hâte de lire la suite. Fatima |
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Bien raconté, ca donne le gout de lire...Bravo
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Très intéressant!! j,aime ca!!
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Très intéressant! ca donne le gout de lire!!
Bravo |
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C'est l'art d,écrire!! pourquoi ces gens la ne produisent pas des livres? c'est très intéressant ce qu'il écrivent...on le trouve même pas sur les séries de TV.
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Ca viendra probablement Ahlam
Au moins j'ai fait une prosition à Ali pour 'Le journal d'un immigrant'. Jamal |
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خير الكلام ما قل ودل
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Ca me rappel des souvenir cette vidéo!! ca peut marcher pareil pour l'histoire!!
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Mais on dois être patients
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Jamal, sait tu la date de publication de la suite? j'aime bien lire la suite.
merci |
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SURVIVRE: TROISIÈME ÉPISODE
Est-il possible pour un enfant d’épater ses parents sans voir, pour autant, le ciel lui tomber sur la tête ? Ce n’est certainement pas le cas du héros de ce récit qui commence à payer bien cher les premières leçons de la vie. Pour lire le troisième épisode, cliquer sur le lien suivant: BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS ! |
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Dernière édition: il y a 2 ans, 2 mois par Jamal El Khaiat.
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L'image parle beaucoup!!
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Épisode 4:BONJOUR SOLITUDE, C'EST MOI L'ORPHELIN !
L'auteur affirme dans ce 4ième épisode que «N’est solitaire que celui qui ne sait pas rêver et n’est prisonnier que celui qui a les pieds bien ancrés sur terre!». Comment en est-il arrivé à voir les choses de la vie sous cet angle alors qu'il n'avait que 6 ans ? BONJOUR SOLITUDE, C'EST MOI L'ORPHELIN ! |
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Je t'ai eu Jamal
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