Je vais vous raconter une petite histoire qui m’est arrivée que je me souviens encore et je ne pense pas l’oublier un jour.
Quand j’étais au lycée, je travaillais souvent les périodes estivales pour gagner un peu d’argent. Parfois aux restaurants, parfois je faisais un petit business à moi comme vendre des sandwichs sur la plage…même si ce n’est pas une culture qui est développé encore au Maroc et dans les pays en voie développement en général.
Un été, pour faire un peu d’argent, j’avais pensé à prendre deux ânes (et oui deux ânes

) et partir sur la plage d’un complexe touristique chic : Holiday Club, Tétouan (a changé de nom actuellement) et pour faire des petits tours aux enfants, c’était l’idée de mon frère Saïd, j’espère qui va lire ce post:).
Je travaillais bien, il y avait plein d’enfants de bourgeois qui aiment faire des petits tours de l’âne en payant 10dh le tour. Je faisais quand même pas mal d’argent comme étudiant (entre 300dh et 700dh le jour) dépendamment de la journée et la température. Quand il fait beau, la plage est pleine et j’avais beaucoup de clients:)
Un jour, vers 10dh du matin, je passe au complexe, j’équipe mes ânes (avec Berda3 et le kit, je ne sais pas le mot en français) et je sors sur la plage. Il avait un monsieur dans la cinquantaine avec un enfant d’à peu près 4ans.
Le monsieur me demande de faire un tour à son enfant. La journée commence bien, j’embarque l’enfant, je fais le tour de la plage et comme il n’y avait pas beaucoup de monde j’ai refait un autre tour gratuitement au gars pour attirer d’autres enfants, ce que je faisais assez souvent. Après la deuxième tournée, je retourne l’enfant chez son père. Le père m’a dit avec un ton assez monté que le tour est assez petit pour le montant chargé qui est de 10dh et il m’a demandé de refaire le tour sans payer plus. J’ai accepté la demande en me disant ce n’est pas grave, c’est un client difficile et probablement je vais le gagner et faire plus d’argent avec lui pendant son séjour dans le complexe. Je termine la troisième tournée, je rends l’enfant à son père et j’attends mon 10 dh.
L’homme m’a regardé dans la face, il avait une raquette de tennis en bois dans sa main, il m’a approché et il a commencé à me frapper sur la tête en m’insultant avec tous les mots vulgaires qui existent. J’ai couru vers l’administration du complexe pour me plaindre et me protéger. Le choc est que le monsieur avait déjà effectué un appel téléphonique à la réception et a commandé que je ramasse mes affaires ou il m’envoie à la prison. À la réception on m’a informé que c’était un client important et un colonel très connu au Maroc et je ne devrais pas lui dire non et il faut lui faire tout ce qu’il veut. On m’a demandé de quitter le complexe et de ne pas revenir avant que les vacances du monsieur soient terminées.
J’ai senti vraiment une injustice affreuse et au même temps je me suis senti petit, seule et incapable de combattre l’incobattable. Je l’avais dit même pas à mon père pour qu’il ne sente pas lui aussi la même chose.
Je me souviens encore de sa face jusqu’au aujourd’hui mais je l’ai jamais revu. J’espère qu’un jour le bon dieu va l’envoyer quelqu’un de plus fort qui va lui rendre la balle et le détruire, si ce n’est pas fait encore.
Je sais qu’il en a plusieurs au Maroc de ce style qui exploitent tout le monde et font de l’esclavage a leur manière sans aucune réaction de nul part. Le Maroc était comme une jungle, le fort mange le petit, j’espère que ca a commencé a changé.