« Sujet plus sérieux mais moins clair: l'affaire Naciri (fils et père), qui a fait beaucoup de remous cette semaine. Abus de pouvoir, justice à deux vitesses n'étaient que quelques unes des critiques faites à la famille du ministre marocain de le communication et porte-parole du gouvernement, dans la semaine même ou Amnesty International parlait d'une amélioration générale de l'Etat de droit au Maroc. Le ministre ne s'est pas prononcé officiellement, mais des proches s'en défendent.
Les faits, tels qu'ils ont été reportés par un journaliste du quotidien Al Massae, dateraient du week-end dernier, du soir du vendredi, 21 mai 2010. Un accrochage entre deux automobilistes, à Rabat, devant le parlement, a mal tourné. Comme le reportent plusieurs blogs en se basant sur le récit de Rachid Nini, journaliste et directeur du journal arabophone Al Massae, en descendant de leurs voitures, « l’un des deux blesse l’autre par un objet tranchant. » Un policier non loin de la scène aurait interpellé l'agresseur, l'aurait ensuite menotté et attaché aux grilles du parlement pour attendre des renforts. Ici intervient l'identité de l'agresseur, qui ne serait autre que le fils du ministre Khalid Naciri. Ce dernier, prévenu par son fils, serait arrivé sur place, et ensuite, les versions divergent. Les uns, se basant encore une fois sur le récit de Nini, racontent que le ministre aurait demandé au policier de libérer son fils sous menace de « faire ce qu'il faut ». Un abus de pouvoir et déni de justice, repris par de nombreux sites et même une page dédiée sur Facebook
Une version plus nuancée apparaît du clavier de The Moroccan Observer sur larbi.org, qui relate que « la seule faveur était que le père a conduit son fils à la Wilaya de sécurité nationale au lieu d'attendre les policiers pour le conduire au poste. Les protagonistes ont passé tous une grande partie de la nuit à négocier une issue à l'amiable à l'affaire dans la wilaya de la sécurité nationale. » Suite à quoi, selon un autre commendataire, la victime, un médecin de Rabat, aurait accepté de ne pas porter plainte.
L'accusé ou ses proches semblent, pour leur part, avoir réagi tout aussi rapidement. L'article Wikipedia du ministre Naciri est devenu un champ de bataille des différentes versions des faits, qui se sont succédées depuis le 25 mai. Aujourd'hui (29 mai), il y est question de « campagne de dénigrement » contre le ministre et son fils, orchestrée par « une certaine presse ». Selon cette version, « la tribune relatant ces supposés faits […] est à juste titre traînée en justice par nombre de citoyens victimes de diffamation. » La revendication de démission du ministre de la communication tournera-t-elle en procès pour diffamation à l'encontre du journaliste Rachid Nini? »
Source :
www.yabiladi.com/articles/details/2610/z...es-dunes-sahara.html