Or, d’autres croient le contraire. En effet, une expérience a été menée où des phéromones de synthèse étaient mêlées à un parfum. Selon les auteurs de cette expérience menée à l’Université de San Francisco, les phéromones ont le pouvoir de décupler l’attirance sexuelle de la femme sur l’homme. La recherche réalisée sur 36 femmes célibataires a permis de constater que 74% de celles qui portaient leur parfum habituel mêlé aux phéromones avaient noté une augmentation de leur activité sexuelle, contre 23% de celles portant leur parfum auquel avait été mêlé un placebo. L’une des participantes avait habituellement des rapports sexuels moins d’une fois par semaine, une fréquence qui était montée à quatre fois par semaine quand elle portait le parfum contenant la substance. Norma McCoy, auteur de la recherche, affirme que « la phéromone envoie un signe biologique à l’homme, qui suggère que cette femme peut se reproduire, et il répond par un comportement visant à s’assurer d’une relation intime avec elle. L’odeur n’est pas décelable, l’homme ou la femme n’en sont pas conscients, mais c’est très puissant. Cette substance paraît influencer le désir masculin d’avoir un rapport sexuel. »( AFP, « Séduction féminine, les phéromones à l’attaque », Le Soleil, Actualités, jeudi 21 mars 2002, p.A5)
Une autre expérience a été réalisée par le Dr Cutler. Le Dr Cutler est codécouvreur de premier filtre d’amour pour femmes, la « Phéromone 1013 » utilisée pour attirer les hommes. Puis, elle a contribué à la découverte de la « Phéromone 10X » pour rendre les hommes irrésistibles aux femmes. L’étude du Dr Cutler a porté sur 46 hommes hétérosexuels (26-42 ans) divisés en deux groupes. Aucun sujet de ces groupes ne connaissait le type de lotion après-rasage qu’on leur donnait à utiliser. Les membres d’un groupe ont reçu une lotion après-rasage qui contenait de la « Phéromone 10X ». Les relations sexuelles ont augmenté de 47% chez les sujets qui avaient reçu la potion d’amour contre 9.5% chez les sujets de l’autre groupe. Pour certains hommes, toutefois, la « Phéromone 10X » n’est pas un aphrodisiaque. Elle ne sert qu’à attirer les femmes et elle ne peut donc pas aider certains hommes à se montrer à la hauteur de leurs prétentions le moment venu.
Des chercheurs américains ont aussi réussi à reproduire une hormone apparentée à la sueur humaine qui, sans odeur, augmenterait l’attrait sexuel de ses utilisateurs selon une étude de l’Institut Athena. Cette substance chimique est une reproduction d’une phéromone humaine.
Une hypothèse a d’ailleurs été émise il n’y a pas très longtemps par le Dr Carbonneau. « À l’adolescence, des glandes se développent dans la bouche, en particulier à l’intérieur des lèvres. Elles sécrètent des molécules que l’on croit être des phéromones. Lors des ébats amoureux, la température de la peau s’élève, ce qui produit un torrent de ces substances qu’on appelle le « sex flush ». Le « french kiss » permettrait aux amants d’échanger ces phéromones et de se stimuler réciproquement. »(GUIBAULT, Monique, « La chimie de l’amour », La Presse, Santé)
On observe donc que les phéromones ont un pouvoir plus puissant qu’on pourrait le croire sur les comportements sexuels des humains, et non seulement sur celui des animaux. Diverses recherches ont réussi à démontrer le pouvoir de ces petites molécules odorantes.
Ces phéromones qui donnent une empreinte olfactive personnelle unique et possèdent le don d'attirer certaines personnes et d'en éloigner d'autres. Elles forment une sorte de carte d’identité olfactive personnelle et unique .L'amour n'est peut-être au fond qu'une question d'odorat.
L’organe voméronasal
Chez les animaux, la plupart des phéromones n’ont pas d’odeur. Une fois à l’intérieur des voies nasales, elles n’empruntent pas le chemin du système olfactif, mais celui qui mène à l’organe voméronasal. Ce dernier est une petite poche percée d’un trou minuscule directement reliée à l’hypothalamus (siège des émotions et des comportements sexuels) dans le cerveau. Si on détruit cet organe chez un animal, il ne démontre plus aucun intérêt pour les activités sexuelles.
Jusqu’à ce qu’en 1991, le Dr David Berliner l’identifie chez plus de 90% des sujets et y enregistre une activité électrique confirmant qu’il était toujours fonctionnel. La fonction de cet organe n’a été découverte qu’en 1994. Des physiologistes de l’Université de l’Utah, examinant 400 sujets humains, ont constaté qu’ils avaient tous un organe voméronasal qui fonctionnait. Il envoyait des messages de phéromones non au cortex cérébral mais au système limbique. Le système limbique conduit nos impulsions les plus basiques et les plus simples. Il régit notre conscience de l’environnement et la façon dont nous y réagissons ainsi que notre comportement sexuel.
Le goût et l’odeur d’une femme varient beaucoup de l’une à l’autre. Définies par la chimie de leur organisme, ces saveurs peuvent être masquées, modifiées, mais ne peuvent pas disparaître. Elles constituent l’empreinte olfactive de chacune et jouent un rôle important dans la stimulation du désir.
L’organe voméronasal a donc une importance capitale dans les comportements sexuels en captant ces fameuses phéromones.
L’influence du cerveau sur l’amour
Le cerveau joue un rôle essentiel à toutes les étapes de la rencontre amoureuse et sexuelle. Il commande des glandes qui produisent les hormones nécessaires à la vie sexuelle. Il diffuse aussi des produits importants pour la sexualité : les neurotransmetteurs.
Le cerveau peut se diviser en trois parties :
a) Le cerveau des instincts : il reçoit les informations venant de notre entourage, celles venant de notre corps, et, selon les situations, il provoque les réactions instinctives de fuite, d’agression ou de désir sexuel.
b) Le cerveau des émotions : il fabrique une émotion en liaison avec chacun de nos comportements et garde en mémoire ce que nous avons ressenti.
c) Le cerveau logique : il sert à réfléchir avant d’accepter une réaction provoquée par le cerveau des instincts ou celui des émotions.
Fonctionnement érotique :
Quand notre corps perçoit des informations provenant d’un homme ou d’une femme susceptible de devenir un partenaire amoureux, il les envoie au cerveau des instincts. Celui-ci demande au cerveau des émotions ce qu’il en pense : ce cerveau va chercher dans sa mémoire si les souvenirs liés à la situation sont bons ou non. En même temps, le cerveau logique analyse la faisabilité de l’action, en fonction des règles de vie sociale, des principes moraux… Si les réponses sont positives, le cerveau des instincts pourra libérer les facteurs déclenchant les sécrétions hormonales qui commandent les réponses adaptées.
Naissance du désir :
Quand le cerveau des instincts a reçu l’autorisation d’agir, il provoque, en association avec les deux autres cerveaux, la libération d’hormones, de neurohormones et de neurotransmetteurs. Les produits vont stimuler le cerveau des émotions qui nous donnera l’envie du plaisir et le cerveau logique pour qu’il produise des fantasmes et des projets heureux et pour qu’il provoque l’affaiblissement de tous les blocages qui pourraient paralyser l’action.
L’explication du coup de foudre :
Comme le cerveau des émotions ne réfléchit pas avant de réagir, il est capable de proposer très vite une réaction dès qu’il repère chez une personne que nous rencontrons les signes annonciateurs de plaisir. Et avant toute intervention du cerveau logique, les neurotransmetteurs et neurohormones de l’excitation (adrénaline, noradrénaline, dopamine) sont déjà libérés et provoquent l’augmentation du rythme cardiaque, la hausse de la tension artérielle, la chaleur et tous les autres phénomènes physiques de l’émotion amoureuse soudaine avec un état de bien-être béat, une anesthésie temporaire de tous les maux psychologiques ou physiques…
La routine sexuelle :
La présence de la personne désirée renouvelle les décharges hormonales mais, avec la répétition, les glandes diminuent leurs sécrétions. Moins excité, moins ému par la présence de l’autre devenue habituelle, le cerveau des émotions réagit de plus en plus faiblement. On en arrive à la disparition de l’excitation sexuelle : c’est le phénomène de la routine. Mais la routine n’est pas une fatalité : il suffit de faire l’effort de renouveler l’excitation pour provoquer à nouveau la mise en jeu du cerveau des émotions et tout l’engrenage du plaisir.
A suivre.....